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La journaliste infiltrée au FN poursuivie par Marine Le Pen

Clément Solym - 24.02.2012

Edition - Justice - Marine Le Pen - Claire Checcaglini - plainte


La liste s'allonge encore : Marine Le Pen va porter plainte contre la journaliste Claire Checcaglini, vraisemblablement pour diffamation. La journaliste est l'auteure de l'enquête Bienvenue au Front - Journal d'une infiltrée (Jacob-Duvernet), qui sera publié le 27 février prochain.

 

Me Wallerand de Saint-Just, avocat de Marine Le Pen, ne pointera pas à Pole Emploi de sitôt : sa fameuse cliente vient de décocher une nouvelle menace de plainte, cette fois envers la journaliste free-lance Claire Checcaglini.

 

En octobre dernier, la candidate du Front national a porté plainte contre Caroline Fourest et Fiammeta Venner, les deux co-auteures de l'ouvrage intitulé Marine Le Pen (Grasset). Le procès a été fixé au 3 et 5 juillet prochain après un report de plusieurs mois : « Une quinzaine de passages de leur livre sont pointés par la présidente du FN. Ils concernent des propos rapportés qui déplaisent manifestement à Marine, son papa Jean-Marie son conjoint, et vice-président du parti, Louis Alliot. » (voir notre actualitté)

 

 

En pleine campagne électorale, dur pour le FN de poursuivre la canonisation de sa candidate (franchement, on exagère à peine, voir notre actualitté) : Bienvenue au Front - Journal d'une infiltrée a été rédigé après 8 mois d'infiltration bien au chaud dans le ventre de la bête, et dégage - oh, surprise - la racisme et le rejet systématique de l'islam comme les bases du parti.

 

Claire Checcaglini a adopté la méthode éprouvée qui emprunte à la fois aux muckrakers américains et aux péripéties d'Albert Londres en se faisant passer pour une certaine « Gabrielle Picard », coloration capillaire à l'appui. La journaliste a visiblement quelques talents d'actrice, puisque Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du FN, lui a proposé de participer aux législatives de juin à Paris.

 

Tout le FN a bien entendu fait front dès la révélation de la supercherie, se drapant dans une morale bien sage et bien pratique de l'exercice journalistique. Comme l'affiche le site de Marine Le Pen pour 2012, Me Saint-Just dénonce des pratiques « en violation des règles premières de la déontologie des journalistes ». « Elle met dans la bouche de Marine Le Pen des propos que celle-ci n'a évidemment jamais tenus », poursuit-il avant de conclure à une « authentique tricherie déconsidérant et salissant le métier de journaliste ».

 

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On conseillera à la bande de joyeux drilles si à cheval (halal, bien sûr) sur la diffamation de se jeter sur les articles de Hunter S. Thompson, John Howard Griffin ou Günter Wallraff pour élargir leur vision un peu au-delà d'un journalisme « propre » qui ne risque jamais de se faire éclabousser.