La journée d'un philosophe : Nietzsche, Marx, Kant, travailleurs acharnés

Antoine Oury - 04.10.2013

Edition - Société - Marx Kant Nietzsche - emploi du temps - philosophe


Nietzsche, Marx et Kant : quand ces trois noms n'effraient pas les étudiants, ils évoquent des bibliographies de taille, et des oeuvres qui ont marqué la pensée occidentale. Si l'envie vous prend de rejoindre le panthéon des penseurs, attendez-vous à quelque peu chambouler vos habitudes. Le blog Daily Routines ("Routines quotidiennes", tout simplement) partage leur emploi du temps respectif.

 

 

LEGO® philosophers

De gauche à droite : Lao Tseu, Aspasie, Averroès, Thomas d'Aquin, Descartes, Marx

(Markus Lütkemeyer, CC BY 2.0)

 

 

 Premier présupposé : le philosophe ne fait pas la grasse matinée. Le plus effrayant est probablement Nietzsche, qui, « avec une rigueur spartiate », se réveillait « alors que le ciel de l'aube était encore gris ». Après des ablutions à l'eau froide et un verre de lait chaud, le moustachu était prêt à se pencher sur la question du surhomme, jusque 11 heures du matin. 

 

Kant n'a rien à lui envier : dès 5 heures du matin, le philosophe était sur pied, réveillé par son domestique Martin Lampe, qui a passé près de 40 ans à son service. « Kant était particulièrement fier de ne jamais se réveiller plus de 30 minutes après cet horaire, même s'il trouvait difficile de se lever si tôt ». Un réveil qui résonne comme un impératif catégorique, que Kant transgressait toutefois plus tard dans sa vie. Pour émerger du sommeil, une séance de méditation, agrémentée de deux tasses de thé et d'une pipe (« dont le volume de tabac augmente avec le temps ») faisaient l'affaire.

 

Marx, de son côté, s'accordait plus de latitude au niveau des réveils, mais passait la plupart de ses journées enfermé dans la salle de lecture du British Museum, de 9 à 19 heures, suivie de séances de travail nocturnes à son domicile, « en fumant en permanence ». Ce régime n'a pas vraiment réussi au philosophe allemand, victime d'attaques et d'inflammations des yeux. Il ne fumait pas l'opium du peuple, évidemment, mais confessait avec humour : « Je suis maudit comme Job, même si je ne crains pas Dieu », écrit-il en 1858.

 

Pour ses deux confrères, la seconde partie de la journée se passait surtout en ballade, et autres déambulations philosophiques dignes des péripatéticiens grecs. Nietzsche se préparait d'ailleurs un petit goûter à son retour, fait de pain, de miel et des fruits, dont il raffolait, et la cause probable de ses problèmes gastriques.

 

Et oui, humain, trop humain, finalement...

 

(via Open Culture)