La justice américaine poursuit Snowden, les ventes de son livre explosent

Victor De Sepausy - 24.09.2019

Edition - International - Edward Snowden - amérique surveillance - livre snowden mémoires


Publier les mémoires d'un ancien employé de la CIA, qui est devenu le délateur public et ennemi de la démocratie Big Brother américaine, le risque était grand. Pour n'avoir pas fait relire son texte par les autorités - CIA et NSA - Snowden se retrouve pris dans un procès, intenté par le ministère de la Justice. L'accusé assure avoir agi en toute conscience.

Witchhunt Snowden
(photo d'illustration, Ton Zijlstra, CC BY 2.0)


Il ne suffisait pas de divulguer des informations classifiées que même Mulder et Scully n'auraient pas osé rendre publiques. Pour Edward Snowden, l'année 2013 a marqué une nouvelle ère, où les citoyens du monde entier ont pu comprendre l'ampleur de la surveillance exercée par les États-Unis. Et cette même année, Snowden demandait l'asile politique à la Russie, pour échapper à la justice répressive qui menaçait.

Depuis, ce sont des années d'exil, des interventions pour expliquer son geste et des commentaires réguliers sur les questions sécuritaires. Mais avec son autobiographie, Snowden a franchi un cap : il ne s'agissait plus de paroles, mais de mots, fixés sur le papier. 

« Si vous lisez ce livre », écrit-il, « c'est que j'ai fait quelque chose de dangereux pour un homme dans ma situation : j'ai décidé de dire la vérité. » Sujet fragile, que la vérité est protéiforme, tout particulièrement dans le cas de mémoires. Raison pour laquelle, sans hésiter ni avoir ouvert l'ouvrage, les États-Unis ont décidé d'une procédure judiciaire contre l'auteur et son éditeur.

L'objectif du Department of Justice est d'empêcher Snowden de percevoir le moindre cent sur les ventes d'un livre qui viole des embargos et des secrets de premier ordre, souligne le DoJ. Un point que l'avocat réfute catégoriquement, assurant que rien dans le livre n'a pas déjà été dit par son auteur. Lui-même jure qu'il aurait volontiers envoyé le livre aux autorités s'il avait estimé qu'elle en prendrait connaissance sans préjugés.

« J'ai rassemblé des documents internes qui témoignaient du non-respect des lois par le gouvernement américain et je les ai remis à un journaliste qui les a examinés et publiés, dans un monde en crise. Ce livre traite de ce qui a conduit à cette décision, des principes moraux et éthiques qui l'ont inspirée et comment tout cela est arrivé — ce qui signifie que c'est également de moi dont il est question », poursuit-il dans l'ouvrage.

À l'occasion d'un passage dans The Daily Show, depuis la Russie, Snowden ne manque pas d'humour : « La chose plaisante dans cette action en justice, c'est que le livre n'attirait pas autant l'attention : il était genre 25e dans les meilleures ventes », indique-t-il. Mais avec l'intervention du DoJ, l'ouvrage est passé à la 1ere place, presque dans toutes les catégories.

Or, sur le fond de la procédure, l'auteur se bidonne presque : « Je suis un adepte des règles écrites », répond-il quand le présentateur l'interroge sur les raisons pour lesquelles le livre n'a pas été présenté aux autorités avant publication. « Bien qu'ils aient en théorie raison, il n'existe pas de serment secret. Beaucoup de gens le pensent. Mais il y a un serment, qui n'est prêté ni à l'agence ni au gouvernement : c'est celui de défendre la constitution des États-Unis contre tous les ennemis, étrangers et à l'intérieur. »
 
Cependant, il y a bien une règle concernant les secrets à ne pas divulguer, poursuit-il : le formulaire standard 3-12. « Et ce dernier explique essentiellement : “Maintenant que je connais tous les secrets et que je sais où vivent les extraterrestres, je n'en parlerai à personne”. » Comique, en effet. Rien de commun avec le propos de son ouvrage, cela dit — et quand on est Edward Snowden, on a déjà rompu quelques éléments de confidentialité essentiels.
 
Cependant, le dilemme qui se pose est celui d'une adéquation entre le serment prêté et ce que l'on découvre de son propre gouvernement, ou l'agence qui « viole la constitution — et là, on est un peu foutus », reprend-il. Expliquer non ce qu'il a dévoilé, mais comment et pourquoi il a entrepris de le faire n'a rien d'une question de sécurité nationale : au mieux s'agit-il d'une introspection salutaire.

Le genre de choses que les gouvernements appliquant une surveillance massive n'apprécient pas vraiment. 



via Hollywood Reporter


Commentaires
"un monde bouleversé" "La chose plaisante dans cette action » "il était genre 25e", "il ait techniquement raison" (technically = en théorie !!!), "vous êtes un peu foutus" ( « YOU » ici = on) "on peut être "beaucoup" foutu(s)??" etc... Si le livre est traduit dans ce style en français, ça va être la joie !!! SOS traducteurs !!
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