Livres en prison : plus de liberté pour les détenus britanniques

Clément Solym - 15.07.2015

Edition - Justice - prison lecture - livres prisonniers - Justice britannique


Il ne faisait pas bon vivre dans les prisons britanniques, particulièrement depuis que le gouvernement tente d’interdire l’envoi de livres aux prisonniers. Mais de nouvelles mesures sont intervenues : les détenus ont désormais le droit de disposer de 12 ouvrages dans leur cellule, décision de Michael Gove. 12, certes, mais sans avoir besoin d’autorisation...

 

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the_kid_cl, CC BY 2.0

 

 

Il y a du mauvais dans tout, et du bon un peu partout : les sanctions qui régissaient le milieu carcéral britannique se sont apaisées. Désormais, la famille et les amis ont la possibilité de faire parvenir des livres aux prisonniers. Jusqu’à lors, pour disposer de nouveautés, ces derniers devaient passer commande auprès des autorités pénitentiaires, et attendre. 

 

Remplaçant Chris Grayling, Gove est devenu une sorte de bienfaiteur, en revenant sur les précédentes mesures restrictives. « Nous avons plus de 80.000 personnes derrière les barreaux. La chose la plus importante que nous puissions faire, une fois qu’elles sont en prison, c’est de nous assurer qu’elles emploient utilement leur temps, et obtiennent de savoir lire et écrire, ainsi que d’autres compétences par lesquelles ils trouveront du travail. »

 

Nous sommes donc à 10.000 lieues des déclarations du précédent Secrétaire à la Justice. 

 

C’est probablement que Gove n’a pas les mêmes influences que son prédecesseur. Évoquant le gourou de la politique sociale américaine, Arthur Brooks, Gove affirme que les gens en prison ne doivent pas être laissés inactifs. « Si nous les considérons uniquement comme des problèmes à contenir, nous manquons une opportunité de changer leur vie, et de nous économiser, ainsi qu’à la société, de l’argent et de la peine. »

 

C’est le principe même de la récidive qui est en cause : si les prisonniers sortent sans avoir progressé ni avancé dans quoi que ce soit, ils reviendront à leurs errances, estime Gove. 

 

Ces annonces ont été saluées largement, et Frances Crook, de la Howard League, qui prône pour un accès des prisonniers aux livres, se félicite de ce que M. Gove « reconnaisse l’importance de la lecture ». 

 

Cependant, dans cette débauche de bonne volonté, l’interdiction d’envoyer des livres aux détenus – sans lien familial ou proche directement établi – reste de vigueur. Une mesure de sécurité pour prévenir le développement de la contrebande dans les pénitenciers.                        

 

Dans le même temps, Gove assure que la limite de 12 ouvrages par prisonnier sera prochainement levée. Tant que ces derniers observent les consignes sur les limites tolérées de biens, au sein de leur cellule. (via Guardian)

 

L'année passée, Philip Pullman, président de la Society of Authors comptait parmi les auteurs partis en guerre contre les restrictions que Grayling avait imposées : « Les gens sont envoyés en prison au titre de punition, non pas pour être de nouveau puni », affirme le romancier. Et de rappeler que, depuis 1999, les règles en prison ont institué l'obligation de disposer d'une bibliothèque, et pour les prisonniers, le droit d'accéder aux livres. « La privation de liberté est une punition suffisante. Et de toutes les choses à même d'aider les prisonniers dans leur réadaptation et leur réinsertion, dans la société, les livres et la lecture doivent être parmi les plus importants. »

 

Frances Crook avait également critiqué cette mesure : « Le bannissement des livres est d'une certaine façon la mesure la plus critiquable et la plus fourbe de ces nouvelles règles. Les bibliothèques des prisons sont achalandées par les autorités locales et sont souvent de bonne qualité, mais tellement de bibliothèques rationalisent leurs budgets, actuellement, que le premier poste à en faire les frais sera le fonds des prisons. »


Pour approfondir

Editeur : La Martinière
Genre : pamphlets...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782732441573

Conversations avec moi-même

de Mandela Nelson

Nelson Mandela dit qu'il faut écrire tous les jours de sa vie. Voici pour la première fois le recueil de ses propres notes et correspondances. La publication mondiale des Conversations avec moi-même, de Nelson Mandela, est un évènement historique. Ce document inédit nous livre la face inconnue, personnelle, de l'un des plus grands héros du 20ème siècle. Madiba - comme l'appellent ses compatriotes - nous ouvre ses carnets tenus pendant les années de la lutte contre l'apartheid au début des années 1960; ses journaux intimes et ses lettres écrites depuis Robben Island et d'autres prisons au cours de ses 27 années d'incarcération; ses carnets de notes de la période de transition post-apartheid; les retranscriptions de ses conversations privées; les brouillons de ses discours et les correspondances écrites sous sa présidence... Présentés sous une forme narrative profonde et intense, ces documents illustrent la vie de Nelson Mandela, depuis son éveil à la conscience politique et jusqu'à son rôle galvanisant sur la scène mondiale.Les Conversations avec moi-même, de Nelson Mandela, sont une véritable leçon de vie.

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