La Justice européenne valide à nouveau le rachat d'Editis par Wendel

Antoine Oury - 09.09.2014

Edition - Les maisons - Odile Jacob Wendel - Lagardère Editis VUP - recours agrément


En 2002, Vivendi revendait à Lagardère ses activités d'édition, Vivendi Universal Publishing, mais la Commission européenne lui imposait une limitation de 30 à 40 % des actifs, afin d'éviter une concentration. Le repreneur du reste des actifs de VUP, devenu le groupe Editis, sera Wendel, une décision contestée depuis 2004 par les éditions Odile Jacob, également candidates.

 

 

Salon du Livre de Paris 2014

Odile Jacob au Salon du Livre de Paris 2014 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Cinq maisons avaient déposé des offres de reprise, dont Wendel et Odile Jacob, et un mandataire indépendant devait trancher de manière impartiale. Le 28 mai 2004, Lagardère annonçait que les 5 offres étaient retenues, mais que Wendel bénéficiait d'une exclusivité, et lui vend quelques mois plus tard les actifs d'Editis inclus dans la cession.

 

Dès le mois de juillet de la même année, Odile Jacob déposait un recours en annulation de la décision de la commission, suivi par un second en novembre 2004. Ce n'est qu'en 2010, après d'autres épisodes judiciaires, qu'Odile Jacob marque un point face à Lagardère et Wendel.

 

En effet, le Tribunal de première instance de l'Union européenne rejette une nouvelle fois sa demande d'annulation de l'autorisation de concentration, mais reconnaît que la décision initiale d'agrément n'a pas été faite dans les règles. En effet, Lagardère devait confier la recherche d'un repreneur à un cabinet indépendant.

 

Et celui choisi, le cabinet Salustro, n'était pas vraiment éloigné d'Editis : Patrick de Bonnières, président du cabinet, était membre du directoire du groupe entre décembre 2002 et mars 2004. La Cour de Justice européenne confirmera le non-respect des conditions d'indépendance, en 2012.

 

Toutefois, le choix de Wendel par Lagardère n'est pas annulé, puisque, entre la procédure du Tribunal et celle de la Cour de Justice, Lagardère a déposé une nouvelle demande d'agrément, validé en 2011 par la Commission, de manière rétroactive. Autrement dit, Wendel restait un candidat valable. 

 

Odile Jacob avait logiquement déposé un recours pour demander l'annulation de ce nouveau feu vert, recours refusé le 5 septembre dernier par le tribunal européen de Luxembourg, en première instance. Évidemment, un appel est toujours possible, pour contester la décision de la revente à Wendel. 

 

(via BFM TV)