Un juge iranien condamne des délinquants à lire des livres

Julie Torterolo - 10.09.2015

Edition - International - Iran - Peine Alternative - Livre


Quand on sait que l’Iran est l’un des pays où la peine de mort est régulièrement prononcée, la décision rendue récemment par un juge de Gonbad-e Kavus (Nord-Est de l’Iran) a de quoi étonner. Les prévenus se sont en effet vus contraints de lire des livres, avant de rendre des fiches de lectures, plutôt que de purger une peine de prison.

 

Jail cells at the Southborough Police Station

my_southborough, CC BY-ND 2.0

 

 

Lire cinq livres. Voilà une peine des plus originales proposée par un magistrat iranien. Selon l’IRNA, Quasem Naqizadeh, juge du tribunal de Gonbad-e Kavus en Iran, a ordonné à des accusés d’acheter, lire, et de commenter des ouvrages, avant de lui remettre une fiche de lecture.

 

Le magistrat explique que cette nouvelle peine permet de contrer « l’irréversible impact physique et moral infligé aux accusés et à leur famille » lorsqu’ils sont condamnés à l’enfermement. Et la sentence est légale. Une loi récemment adoptée dans le pays permet en effet aux juges de choisir une sanction pénale alternative à la prison pour les adolescents, les délits mineurs, ou les délinquants n’ayant pas de passé pénal.

 

Les oeuvres en question sont alors minutieusement sélectionnées. « Les livres ont été choisis afin que tous les prisonniers puissent en faire usage, quelque soit leur niveau d’alphabétisation, leur connaissance ou leurs âges », rapporte Quasem Naqizadeh. Les délinquants ont alors le choix dans une liste de lecture et doivent, quelque soit l’ouvrage, y inclure un dicton du Hadith, recueil de paroles attribuées au prophète Mahomet. 

 

La manœuvre ne s’arrête pas là puisque les ouvrages sont ensuite donnés aux prisons des environs. Au-delà de l’apport culturel et éducatif, la lecture réduirait les bagarres entre détenus, selon le juge.

 

En France, lecture et prison sont également loin d'être dissociées. Depuis l'année dernière, se sont glissées, dans le texte législatif de la fameuse contrainte pénale, des possibilités de remise de peine par des activités de lecture. En somme, elle incitera les détenus français à participer aux activités culturelles, quand leurs habitudes ne les portaient pas vraiment vers la lecture ou l'écriture. Au Royaume-Uni, le secrétaire d'État à la Justice, Chris Grayling, avait vu son interdiction des envois de livres aux prisonniers qualifiée d'illégale, et suspendue.

 

Dès juin 2012, les pouvoirs publics brésiliens avaient également décidé de mettre en place un programme, Rédemption par la lecture, sur le principe de 12 livres lus maximum par an, pour obtenir 48 jours de remise de peine.