La Knight Foundation regrette l'argent versé à Jonah Lehrer

Julien Helmlinger - 15.02.2013

Edition - International - Knight Foundation - Jonah Lehrer - Journalisme


L'association à but non-lucratif basée à Washington et dédiée à la promotion d'un journalisme de qualité, a accordé lors du séminaire du week-end dernier une chaire pour permettre à Jonah Lehrer de faire ses excuses publiques et entamer son retour en grâce dans la profession. Cependant, la Knight Foundation a depuis exprimé ses regrets d'avoir payé le journaliste à hauteur de 20.000 dollars pour son discours. Donation jugée « inappropriée » pour un reporter tombé en disgrâce pour avoir attribué des citations inventées à Bob Dylan et s'être autoplagié. 

 

 

 

 

Tandis que Jonah Lehrer s'est expliqué sur l'estrade au cours du Knight Foundation's 2013 Media Learning Seminar, des tweets s'affichaient en direct sur un écran placé juste derrière lui. Et sans surprises, le ton était le plus souvent critique.

 

Au lendemain du séminaire le Poynter Journalism Institute a révélé, sur son site Internet, le montant de la commission reversée à Lehrer pour son discours. Et la révélation a suscité une vague de polémique.

 

Si le président de l'association a tout d'abord expliqué qu'ils avaient l'habitude de rétribuer les intervenants, et parfois à des tarifs plus conséquents, il a finalement revu sa position ce mercredi : « Avec du recul, en tant que fondation qui défend depuis longtemps la qualité du journalisme, le fait de payer une rétribution était inapproprié. »

 

« Conférenciers controversés doivent avoir des plates-formes, mais la Knight Foundation n'aurait pas dû se mettre dans une position qui revient à récompenser les gens qui ont violé les principes de base du journalisme. Nous regrettons notre erreur. »

 

« Nous continuons à soutenir l'excellence du journalisme à l'ère du numérique. Et nous ne voulons pas que nos partenaires ne pensent que les controverses journalisme sont trop chaudes pour eux à gérer. Au lieu de cela, nous voulons envoyer le message que, lorsque les choses vont mal, la meilleure action est d'admettre l'erreur et de se remettre au travail. »