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La lecture numérique pour combattre la dyslexie

Clément Solym - 08.10.2012

Edition - International - Lecture numérique - Dyslexie - Police de caractères


La dyslexie est un trouble de l'apprentissage, provoqué par un désordre neurologique, qui affecte souvent les aptitudes à la lecture. Elle est caractérisée par des difficultés à reconnaître les lettres, les syllabes, ou les mots, et touche près d'un enfant scolarisé sur vingt. Mais cette affection n'est pas irrémédiable. Des programmes de formation spécialisés ont démontré qu'il était possible d'améliorer le processus de lecture, notamment par la conscience phonologique et la perception auditive. Mais la lecture numérique possède également des atouts pour faciliter l'exercice aux dyslexiques.

Le meilleur moyen de lire mieux est de lire plus. Partant de ce constat qui met en relief l'existence d'un cercle vicieux touchant les lecteurs atteints de troubles dyslexiques, des chercheurs se sont intéressés aux moyens de leur faciliter la lecture.

 

Selon les experts, il existe bien des solutions et celles-ci sont simples et concrètes. Les études démontrent que les espaces, les tailles de caractères et les apparences du texte jouent directement un rôle dans la pratique de la lecture et son appréhension par les enfants dyslexiques.

 

Des chercheurs de l'université de Padoue en Italie ont rapporté qu'un accroissement de l'espacement, entre les lettres et les mots, a permis à un panel d'enfants atteints du trouble de lire un texte de manière significativement plus rapide et en faisant moitié moins de fautes.

 

Outre l'importance de l'espacement, entrent également en jeu les formes de police qui doivent distinguer au mieux les lettres pour éviter toute confusion, ainsi que la taille de police qui doit idéalement être revue à la hausse.

 

Travail de style

 

Courant 2011, Christian Boer, un graphiste néerlandais qui est lui-même dyslexique, a présenté sa propre police, destinée spécialement aux lecteurs souffrant des mêmes difficultés de lecture. Il a notamment accentué les différences entre certaines lettres, et en maximisant les espaces entre les mots et les lettres.

 

Pour la mettre au point, il aura fallu à Boer plus de 15 heures par lettre. Il a notamment grossi les arrondis inférieurs des lettres comme les « b », les « p » et les « d », il a agrandi les ouvertures de lettres comme les « a », les « s » et les « c », il a augmenté la longueur de la queue de certaines lettres (par exemple « g » et « y »), il a mis des lettres comme le « j » et le « l » pour que l'on ne puisse plus les confondre avec des « i ».

 

Enfin, il a mis les majuscules et la ponctuation en gras et a augmenté l'espace entre les lettres et entre les mots pour permettre au cerveau d'avoir le temps d'enregistrer les informations. (voir notre actualitté)

 

 


Christian Boer n'affirme pas avoir trouvé un remède à la dyslexie, mais estime que sa police pourra être comme une « chaise roulante » pour les personnes souffrant de ce mal.

 

On notera que la dyslexie peut prendre plusieurs formes et qu'elle n'est pas due à un défaut de vision, mais à un problème d'interprétation (dû à des différences structurelles) dans le cerveau.

 

 

 

La police de caractère de Christian Boer est disponible en téléchargement à cette adresse.