La lecture recule encore au sein des pratiques culturelles des Français

Antoine Oury - 20.07.2020

Edition - Société - pratiques culturelles france - francais culture - lecture livres France


Tous les dix ans, le ministère de la Culture se livre à une vaste enquête portant sur les pratiques culturelles des Français, destinée à observer les évolutions des habitudes de la population, selon l'âge, le sexe, les catégories socioprofessionnelles... Les chiffres de l'année 2018 révèlent une importante baisse de la lecture, notamment chez les 15-39 ans.

espace lecture


1973, 1981, 1988, 1997, 2008 et 2018 : les résultats de la dernière enquête Pratiques culturelles des Français, menée par le Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture permettent d'observer l'évolution de la lecture au sein des activités culturelles. Notons, avant de rendre compte de chiffres peu engageants pour la lecture, que l'enquête ne prend pas en compte la bande dessinée, ni les mangas.

La première question de l'enquête, posée à 9200 personnes en France métropolitaine, portait simplement sur la lecture d'un livre, au moins, au cours des douze derniers mois. 59 % des 15-24 ans ont lu au moins un livre au cours de l'année, comme 59 % des 25-39 ans, 64 % des 40-59 ans et 62 % des 60 ans et plus. Seuls les 65-74 ans lisent plus, de 61 % en 2008 à 65 % en 2018.

Dans l'ensemble, 62 % de la population aurait donc lu au moins un livre au cours de l'année passée. Depuis 1988, la baisse est constante : l'enquête de cette année indiquait 73 % de lecteurs, puis 71 % en 1997, 67 % en 2008 et finalement 62 % en 2018.

Ce décrochage est particulièrement important chez les hommes (52 % ont lu au moins un livre en 2018, contre 60 % en 2008), les personnes non diplomées (52 % en 2008, 38 % en 2018) ou titulaires du bac (de 80 à 67 %) ou encore les professions intermédiaires (de 79 à 70 %).
 
Sans surprise, le recul de la lecture dans les pratiques culturelles se fait surtout sentir chez les « faibles lecteurs », qui lisent entre 1 et 9 livres par an, toujours hors bandes dessinées, selon le ministère. Dans cette catégorie, la part des lecteurs passe de 39 % à 34 %, pour l'ensemble, alors que l'ensemble reste stable pour les « lecteurs moyens » (de 10 à 19 livres par an, 14 % en 2008 et 2018) et augmente pour les « lecteurs assidus » (plus de 20 livres par an, de 14 % à 15 % en 2018).

On pourra nuancer ces résultats en regrettant l'absence de la bande dessinée et d'autres types d'ouvrages dans l'enquête, malgré le succès de ces livres, notamment auprès des plus jeunes. L'enquête menée par le Centre national du livre et Ipsos en 2019 mentionnait ainsi 88 % des Français qui se considéraient comme lecteurs.

L'intégralité des chiffres est disponible à cette adresse.

Photographie : illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Y'a donc des gens qui sont payés pour faire le constat d'une réalité en cours depuis des lustres, pour en faire le constat "officiel" ! Pourvu qu'ça dure...

Le monde d'avant
Il ne faut pas confondre sensation(s) ou intuition(s) basées le plus souvent sur une expérience personnelle et donc partielle avec la réalité, objectivée, vérifiée.



Payer "ces gens" permet de construire du savoir et de ne pas faire n'importe quoi n'importe comment wink
D'accord, mais pourquoi alors le public n'est pas au rendez-vous, si l'on en croit ce qu'on nous en dit ?
Si le Ministère de la Culture en est encore à considérer que lire une BD n'est pas lire, on est encore très loin !!



On communique donc sur l'année de la BD, sur le 9ème art, mais une pratique n'a pas même droit d'être évaluée par l'administration qui le promeut ?

Un jeune ou un adulte qui lit une BD, ne lit pas ? Il regarde seulement les images ?



Le constat est important, encore faut-il savoir ce qu'on cherche et constate, et accepter qu'il peut y avoir des changements de pratiques culturelles.



Un peu comme si on avait dit à un moment qu'écouter du rock ou du rap n'est pas écouter de la musique.



Pas gagné !
il serait déjà souhaitable que nos politiques et les ministères mettent en place une politique de la lecture pour les jeunes au lieu de laisser le bateau des écrans capter leur attention. Développer l' esprit critique serait-il dangereux...Nous déplorons ce qu'un système a laissé faire ou encouragé...
Je me suis arrêté à "ne prends pas en compte la bande dessinée, ni les mangas".

On en est donc là, le ministère de la culture lui même qui donc qualifie la bande dessinée et le manga de sous culture ou même qui ne le qualifié pas de culture tout court apparemment. N'y aurait il pas un fond d'élitisme là dedans ? Je lis essentiellement des mangas et des bande dessinées et pourtant cela ne m'empêche ni d'être cultivé, ni de suivre un cursus littéraire dans le supérieur. Je cherche donc à comprendre l'intérêt de cette enquête, si ce n'est de dépeindre une réalité vue d'un côté élitiste de la France.

Encore une preuve de l'éloignement de la réalité de la part de notre gouvernement...
L'humanité se perd à mesure que les humanités disparaissent.

Par ailleurs, la question n'est pas : "Lisent-ils ?", mais : "Que lisent-ils ?"...
L'impact des écrans sur la lecture des livres n'est pas analysé dans cette enquête. C'est dommage ! Il y a une appétence chez les gens d'écrire sur le Net. Ce qui, peut-être, poussera certains internautes à revenir aux livres. Car seule la lecture des livres peut améliorer l'expression écrite...
La photo qui illustre l'article montre un promeneur consultant un guide touristique : est-ce un lecteur au sens ministériel du terme ? smile



À mon avis, il est bon de croiser les sources : entre les libraires et les sites qui vendent, les bibliothèques et les amis qui prêtent ou les boîtes à lire qui partagent, on s'y perd ; car entre achat, emprunt et retrait : où est la lecture ?

Les statistiques données ici ne reposent que sur du déclaratif gulp
Bonjour,

La lecture de bandes dessinées est intégrée, contrairement à ce qui est écrit ci-dessous. Et oui, il s'agit de déclaratif, c'est le seul moyen de déterminer le profil sociologique des lecteurs.
Je suis très surpris par cette levée de boucliers devant cette étude qui n'intègre pas les B.D ou les mangas.

C'est une forme de lecture, évidemment, c'est une forme d'art, bien sûr, il n'y a pas de hiérarchie à déterminer, complètement d'accord.

Cependant, cette hiérarchie si contestée, les pourfendeurs de cette étude l'établissent eux-mêmes. Il faut différencier les types de lecture pour savoir où nous en sommes. Lire un roman nécessite un effort intellectuel et un investissement en temps supérieur à la lecture d'une B.D. ou d'un manga. Cela ne signifie pas que la lecture d'un livre est élitiste ou que les lecteurs de romans sont plus intelligents que les autres lecteurs, cela signifie simplement que ce n'est pas la même chose et qu'il faut séparer les différents supports au moment d'étudier leur diffusion dans la population.
Environ une centaine de livres par an, depuis plus de 40 ans!

Par pur plaisir d’apprendre, pas pour battre des records.
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