La lettre de démission de William Faulkner, receveur des postes

Julien Helmlinger - 27.03.2015

Edition - William Faulkner - Emploi - Correspondances - lettre


Sur son blog baptisé Letters of Note, décliné en livres et notamment en français, Shaun Usher partage divers extraits de correspondances signées par de célèbres auteurs. Au rang de ces perles anecdotiques, on trouve une lettre de démission rédigée par William Faulkner, en 1924, alors qu'il avait été employé par un bureau de poste pendant les 2 dernières années. Un job qu'exercèrent également Abraham Lincoln, Walt Disney ou Charles Bukowski.

 

 

Crédits : Faulkner at Virginia (archives)

 

 

Comme nous l'avions encore vu récemment, le métier d'auteur ne semble pas garantir le chemin le plus sûr vers la fortune. Ainsi, à la manière de l'exterminateur de parasites William Burroughs, Faulkner est passé par les emplois « alimentaires » en sortant de l'université du Mississippi en 1920. Et visiblement, le futur écrivain trouva le métier d'employé de bureau de poste « fastidieux, ennuyeux, et sans intérêt ».

 

Selon la photographe et écrivaine Eudora Welty, connue pour ses écrits à propos du Sud des États-Unis, William Faulkner, en tant que receveur des postes, aurait ainsi œuvré le plus clair de son temps à jouer aux cartes, au bridge plus précisément, ou encore à écrire des poèmes et à boire. L'auteur et éditeur Bill Peschel aurait quant à lui raconté qu'il ouvrait le bureau uniquement les jours où ça lui chantait.

 

D'après ce dernier témoignage, il ne se serait pas privé de fermer boutique pour se rendre à la chasse ou au terrain de golf. Par ailleurs, si quelques prospectus publicitaires, bulletins universitaires et autres courriers avaient été jugés indésirables selon ses critères, ceux-ci auraient eu des chances de ne jamais parvenir à leurs destinataires et de finir plutôt leur course au fond de la corbeille à papier du bureau.

 

Un jour d'octobre 1924, anticipant une éventuelle sanction de sa hiérarchie, l'écrivain et futur Nobel de littérature rédigea sa lettre de démission, succincte :

Tant que je vivrai sous le système capitaliste, je m'attendrai à voir ma vie influencée par les exigences de gens fortunés. Mais je serais damné si je me proposais de me tenir à l'entière disposition de chaque misérable itinérant qui aurait deux cents à investir dans un timbre-poste.

Ceci, Monsieur, est ma démission.




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