La liberté d'expression protège les mensonge de Lance Armstrong

Nicolas Gary - 12.09.2013

Edition - Justice - Lance Armstrong - dopage dans le cyclisme - premier amendement


Le cycliste Lance Armstrong gardera le maillot jaune des ventes. Alors que le cycliste était conduit devant les tribunaux par une class action, le sportif a été mis hors de cause. Le juge de district Morrisson England a estimé qu'avec ses livres, Armstrong n'avait pas menti au public. En vertu de la liberté d'expression, il avait le droit d'omettre que c'est par le doping qu'il était parvenu aux résultats que l'on connaît durant le Tour de France.

 

 

Lance Armstrong

Richard Masoner, CC BY SA 2.0

 

 

Un groupe de lecteurs avait décidé de poursuivre en justice le coureur, pour fausses déclarations, mensonges, dans les deux livres It's Not About The Bike et Every Second Counts. Selon eux, et en regard des déclarations et autres aveux confessant sa pratique des produits dopants, les livres étaient trompeurs et frauduleux. L'avocat des plaignants, Kevin Roddy, expliquait, mi-août : « Il a triché sur les courses de vélo pour vendre des livres, et a publié des ouvrages pour couvrir ses tricheries. Nous pensons que ces faits sont enlacés. »

 

Les plaignants demandaient 5 millions $ de dommages-intérêts, mais le juge a préféré les débouter. « A mon avis, ils peuvent faire appel ou déposer des plaintes individuelles, mais ils obtiendront le même résultat à chaque fois », estime Zia Modabber, avocat d'Armstrong. 

 

Sont également blanchis les éditeurs Random House et Penguin, ainsi que l'agent littéraire Bill Stapleton, et l'agent sportif Thomas Weisel. « La cour conclut, en dépit des allégations des plaignants, considérant que les livres d'Armstrong contenaient des déclarations fausses et trompeuses, reste d'un contenu qui est pleinement protégé par le Premier Amendement. »

 

C'est de toute manière sur cette piste que l'avocat s'était lancé, pour défendre son client. Pour les défenseurs de Lance Armstrong et ses éditeurs, les mensonges publiés dans les livres pointés seraient protégés par le 1er amendement de la Constitution, à savoir, le droit à la liberté d'expression. En raison du fait que le discours commercial échappe au cadre de l'amendement, il reste à déterminer si les trucages biographiques entrent en compte dans la publicité des ouvrages.

  

C'est en direct dans l'émission d'Oprah Winfrey qu'Armstrong avait, en janvier dernier, a admis qu'il s'était dopé pour remporter les épreuves du Tour, et qu'il n'était pas possible d'y parvenir sans ces anabolisants. Entre 1999 et 2005, Armstrong a remporté sept fois le Tour, et faisait valoir que seuls le travail acharné et une volonté de fer - qui l'avait fait triompher d'un cancer - lui avaient permis de parvenir à ce résultat. Un mythe qui l'avait hissé au rang de légende héroïque de l'Amérique.

 

En parallèle, le Sunday Times de Londres avait poursuivi également le sportif. Il avait porté plainte pour diffamation, après que le journal a publié des informations portant sur le dopage du cycliste. La publication avait été condamnée à 300.000 £ de dommages-intérêts. Après la confession du cycliste, le journal avait contre-attaqué, réclamant 1 million £, ainsi que le remboursement des frais de justice.