La libraire indépendante du Royaume-Uni affronte l'ebook

Clément Solym - 15.06.2012

Edition - Librairies - Kobo - Anobii - Gardners


Ce 14 juin devait marquer la présentation d'un grand partenariat réunissant trois acteurs numériques, pour accompagner les libraires indépendants du Royaume-Uni dans la transition numérique. Dévoilé à l'occasion de l'assemblée générale de la Booksellers Association, le gratin du gotha s'est retrouvé pour découvrir l'avenir. Une vision salutaire, alors que les ventes d'ouvrages imprimés ont atteint leur plus bas niveau depuis neuf ans, précise The Bookseller.

 

La question est simple : comment vendre des livres numériques en librairie, sans se rendre compte que l'on est un peu idiot (sic !), explique Ron Johns, libraire et éditeur, propriétaire de Falmouth. 

 

Se retrouvaient sur l'estrade le vice-président des contenus de Kobo, Michael Tamblyn, présentant la solution de lecture comme un concurrent viable et fiable à Amazon. « Quand on se bat contre un opposant qui veut votre mort, il faut donner tout ce que l'on a. Nous sommes venus avec un modèle qui fonctionne, une manière pour les établissements de brique et de mortiers de gagner cette bataille. »

 

 

 

 

Les dés césariens sont jetés, et maintenant les libraires britanniques indépendants disposeront d'un outil intégré dans les modèles de lecteurs Kobo, directement connecté au site de la librairie. Les libraires percevront un pourcentage sur les ventes réalisées, et il suffira pour le client de donner à son libraire une adresse mail pour être comptabilisé. Le pourcentage perçu n'a toutefois pas été dévoilé.

 

Mais alors, quid si un client vient avec un appareil acheté dans la chaîne WH Smith ? L'adresse mail attribuée originellement au lecteur ebook est difficile à changer, et Tamblyn avoue son impuissance face à ce problème.

 

Avec Kobo, était présent Matteo Berlucchi, PDG de Anobii, pour présenter son réseau social. « La meilleure façon de trouver un libre, c'est la recommandation. Amazon pourrait recommander des livres, mais ce qu'il ne fait pas, c'est gérer la recommandation entre les personnes. Nous remplissons cet espace entre la découverte et les éléments sociaux », précise-t-il. 

 

Or, Anobii s'inscrit dans cette solution globale, associant Kobo aux libraires indépendants. Les libraires seront ainsi connectés de la même manière au réseau social, et toujours sur ce principe d'identification des clients par adresse email - et toujours, une commission reversée en cas de vente réalisée depuis le réseau social. Une relation qui est « génétique » entre les libraires et le service, assure le PDG. 

 

Le dernier acteur de ce triumvirat, c'est la société Gardner, structure qui proposera un outil de lecture en ligne depuis navigateur, avec accès hors ligne et connecté, depuis tous types d'appareils mobiles. Les libraires disposeront d'une remise de 5 % sur toutes les ventes réalisées depuis le service baptisé Hive. 

 

L'ensemble des connexions est donc établi entre les acteurs high-tech et les libraires, il faut désormais que les outils soient mis en place. Armés, certes, les libraires le sont ; le combat ne cessera donc pas, faute de combattants...