La librairie américaine renoue avec la croissance, une première depuis 2007

Cécile Mazin - 15.02.2016

Edition - Librairies - Librairies Etats-Unis - ventes croissance - 2007 résultats


Au cours de l’année 2015, les ventes de livres en librairie indépendante ont augmenté de 2,5 %. Ce résultat marque, pour la première fois depuis 2007, un retour des libraires dans la course. Le Census Bureau a présenté les chiffres préliminaires : sur l’année, les ventes ont atteint 11,17 milliards $ contre 10,89 milliards en 2014. 

 

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Gustavo Devito, CC BY 2.0

 

 

Solides durant toute l’année, les ventes en librairies se sont particulièrement enflammées durant le mois de décembre, avec + 8,7 % de ventes, à 1,42 milliard $. Ces résultats n’étonneront personne : les résultats financiers des grands éditeurs ont montré, au cours de l’année, une diminution des ventes d’ebooks, au profit des livres de poche. Une question financière évidente, pour les lecteurs : depuis que les contrats ont été revisités, pour les revendeurs, et en particulier Amazon, le prix des ebooks a augmenté. 

 

L’Association of American Publishers avait en effet relevé cette tendance pour les neuf premiers mois de l’année, avec un recul des ventes numériques de 11,1 %. Ainsi, présentant les résultats de l’année 2015, le groupe Hachette expliquait en effet le recul des ventes numériques, « en raison, notamment, de l’entrée en vigueur des nouvelles conditions contractuelles avec Amazon ». L’AAP pointait pour sa part que, sur les 9 premiers mois de 2015, les ventes de livres de poche avaient augmenté de 13,3 %. Avec la hausse du prix des ebooks, suite aux renégociations des contrats avec les détaillants, les clients se sont tournés vers le livre de poche, moins onéreux. 

 

Ce retour des clients en librairies a été manifeste au cours de l’année 2015, pour plusieurs pays – France, Italie, Allemagne, Espagne – on a constaté partout une hausse des ventes. Cependant, pour les États-Unis, le résultat est encore préoccupant : en 2007, la librairie réalisait 17 milliards $ de ventes. C’était l’année où Amazon lança son Kindle, et l’on comprend bien comment la chute a débuté.  

 

« Quand les ebooks ont fait leur première apparition, leur croissance a été exponentielle. Alors que de nombreuses personnes ont découvert l’ebook, je ne pense pas que nous allons revenir à des niveaux de croissance à trois chiffres, comme nous le faisions voilà cinq ans. Cela dit, les ebooks conservent une bonne part de marché, et sont là pour rester », précise Marisa Bluestone, porte-parole de l’AAP. 

 

Il ne faut toutefois pas confondre l’essor de l’ebook avec les pertes accusées par la librairie indépendante. En effet, dans la fin des années 2000, ce secteur a accusé le coup de nombreuses fermetures d’établissements, et la vente au détail fut également frappée par la fermeture de la chaîne Borders. 226 établissements disparurent fin mai 2012, accentuant l’effet domino.

 

L’ebook n’a finalement fait que prendre une place qui était laissée vacante, et probablement pas tué le livre imprimé, comme ce fut longtemps affirmé. 

 

La tendance est la même en France, assurait le Syndicat de la librairie française. Selon les données de son Observatoire, les indés affichaient pour l’année passée une hausse de 2,7 % de leur chiffre d’affaires.

 

Ils représentaient ainsi 43 % du marché en valeur, d’après les données de GfK. « Le développement des librairies indépendantes illustre le succès auprès du public d’une proposition commerciale et culturelle qui conjugue, au cœur des quartiers et des centres-villes, la proximité, la diversité de l’offre, la relation humaine, le service et l’animation », indiquait le SLF.

 

(via Publishers Weekly, CNN)