Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La librairie Auguste Blaizot, l’art de la reliure de génération en génération

Elodie Pinguet - 08.04.2017

Edition - Librairies - reliures uniques - livres reliures - artistes contemporains


La reliure est un art capable de créer des chefs-d’œuvre uniques. C’est aussi la spécialité de la librairie parisienne Auguste Blaizot, une maison ancestrale qui opère dans le domaine depuis le XIXe siècle. Un travail d’artiste qui s’intègre parfaitement aux œuvres présentées au Salon du livre rare, ce week-end au Grand Palais.

 

 

 

Ce ne sont plus des couvertures, mais des chefs-d’œuvre à elles seules. À la librairie Auguste Blaizot, la spécialité est la littérature française, mais plus précisément « les premières éditions, les livres illustrés, ainsi qu'une part importante de livres reliés ». Toutes les reliures sont artisanales, faites à la main et la plupart sont décorées, « faites à un seul exemplaire, à la commande ».

 

Ces reliures dites originales agissent comme un décor spécifique « pour un livre, qui n’est jamais refait, qui ne doit pas copier les illustrations à l’intérieur. Elles doivent simplement rendre l’atmosphère de ce que l’on va découvrir en ouvrant le livre ».

 

La maison est familiale, depuis 1870, et se transmet de génération en génération. Actuellement, la librairie se concentre « sur les reliures XXe et XXIe siècle. Et comme notre maison a toujours soutenu les jeunes créateurs en reliure, on passe des commandes pour les encourager ».

 

Les Folies françaises d'après « Elle », Paris, sans nom, 1964

Gianni Bertini et le relieur Daniel-Henri Mercher

 

 

La reliure, plus qu’un amour de jeunesse, est désormais une histoire de famille : « La tradition a toujours été de s’intéresser, de soutenir et d’aimer la reliure », explique Claude Blaizot, libraire-expert et éditeur d'art. L'équipe de la librairie met donc à l’honneur le travail des artistes contemporains, comme avec une reliure métallique, très joliment travaillée, sur un livre de J.M.G. Le Clézio.

 

Il ne faudrait pas oublier le domaine des premières éditions, où la maison a déjà vu passer quelques perles, comme l’édition originale de Candide de Voltaire ou des éditions d’auteurs plus récents comme Le Clézio ou Houellebecq.

 

Dans ces éditions originales, ils s’intéressent dans la mesure où ils existent, « aux grands papiers, c’est-à-dire les tirages numérotés sur des papiers de meilleure qualité que les tirages ordinaires ». La librairie commande généralement des reliures qu’elle met ensuite en vente : « On choisit le relieur en fonction du livre, en sachant que chaque artiste a sa spécificité, son talent, sa sensibilité. »

 

Parmi les matières utilisées, certains relieurs misent sur la tradition, des reliures « en pleine peau mosaïquées ou dorées » tandis que d’autres s’orienteront vers des matières plus actuelles comme le métal, le bois ou le polycarbonate.

 

En matière de tarif, les premiers prix tournent autour de 2000 € et peuvent grimper à plusieurs dizaines de milliers d’euros, selon l’époque.

 

Les goûts personnels du libraire ne sont pas totalement étrangers à la production de la librairie, par ailleurs : ainsi, il a déjà fait travailler des artistes sur des œuvres de Maupassant, Le Clézio ou encore Patrick Modiano.