La librairie Camponovo de Besançon, dans le feu des derniers jours

Clément Solym - 25.05.2012

Edition - Librairies - Besançon - librairie - Camponovo


Depuis plusieurs semaines, le devenir de la librairie de Besançon, Camponovo, est dans une situation peu reluisante. Mi-mars, sa fermeture était déjà presque actée, etle patron, d'origine suisse, de ce groupe, Jean-Jacques Schaer, ne laissait que peu de doutes planer sur l'avenir. 

 

Désormais, confirme l'Est républicain, la fermeture est quasiment actée, et la revente est clairement à l'ordre du jour, pour l'établissement de 1500 m2. Non sans peine, toutefois. Le problème est qu'en effet, aucune des librairies de la ville de Besançon n'est intéressée par le rachat de l'établissement. « Je n'y suis pour rien, des gens m'ont chié dans les bottes depuis quatre ans, ils voulaient casser leur outil de travail, ils ont réussi. L'aventure de la librairie est terminée », assure le PDG avec grâce.

 

Déjà deux librairies de la ville ont lancé des signaux d'alerte, pour attirer l'attention, mais le centre ville ne semble plus aussi accueillant pour les boutiques culturelles. Alors parmi les repreneurs, il faudra compter sur une boutique de bouche - pourquoi pas une pizzéria-kebab, avance-t-on. 

 

 

 

Le projet de vente, qu'avait évoqué Fabien Dan, le directeur général du groupe Camponovo mi-mars, devait être finalisé un mois plus tard. A l'époque, trois acheteurs potentiels s'étaient présentés, et l'on assurait que dans tous les cas, le remplaçant serait également un libraire. Cependant, le devenir des personnes travaillant dans la boutique était déjà, lui, très incertain. 

 

Entre la direction et les salariés, de toute manière, on nous explique qu'il y avait de l'eau dans le gaz depuis longtemps. 

 

Une pétition a été mise en ligne, avec dans l'espoir que les habitants soient mobilisés pour sauver l'endroit, et que la fermeture, annoncée pour le 1er juin, ne se fasse pas :

 

La librairie-Papéterie Camponovo, Librairie indépendante à Besançon depuis plus de 50 ans, occupe une place incontournable dans le paysage culturel de la ville.
Son rayonnement économique et culturel compte dans le paysage national (10e librairie au classement Livre Hebdo).
Forte de ses 1500 m2, elle propose 90 000 références et garantit par là autant d'accès au savoir et au divertissement par le biais du livre.
L'ensemble des libraires, des papetiers et des caisssières ont à coeur, depuis de très nombreuses années, d'accueillir les lecteurs et de transmettre leur passion du livre : impossible d'imaginer la disparition d'un tel lieu de culture dans la capitale Comtoise.  
Aussi, dans un souci de sensibilisation de tous, il est aujourd'hui urgent de manifester votre soutien et l'intérêt que vous portez à la librairie et à son personnel.

 

Si l'on remonte un peu dans le temps, le syndicat CGT dénonçait déjà les conditions de travail en... janvier 2009. « Les propos cyniques du propriétaire de la librairie CAMPONOVO sont choquants pour les syndicalistes que nous sommes comme est choquante sa décision de licencier des salariés qui n'ont commis aucune faute. » A cette époque, deux des libraires avaient reçu une lettre de licenciement pour le moins expéditive, et une troisième était encore en attente de la sienne. 

 

Aujourd'hui, 39 personnes travaillent dans la librairie, et ils ont appelé à un rassemblement, ce 30 mai, sur la place du 8 septembre, en témoignage de soutien, contre un PDG qui ne fait pas le nécessaire, nous précise-t-on. 

 

De leur côté, les élus locaux, tous bords politiques confondus, se sont lancés dans une mobilisation de dernier recours. Front de gauche, Modem, et même le maire, Jean-Louis Fousseret « souhaite mobiliser l'ensemble des dispositifs d'aides publiques disponibles, tant auprès du Préfet de Région, Préfet du Doubs, que des ministres en charge de la culture et de l'économie qu'il a saisis officiellement hier de cette question [...] Il déploiera toute son énergie pour sauver Camponovo, cette librairie le mérite », ainsi qu'on peut l'apprendre.