La librairie Champlain ferme : l'effet Walmart en Ontario sur le livre

Clément Solym - 02.04.2009

Edition - Société - librairie - Champlain - Toronto


Dans un communiqué émanant de l'association des auteures et auteurs de l'Ontario français (AAOF) et de la Table de concertation du livre franco-ontarien on apprend leur consternation face à la fermeture de la librairie Champlain, unique et future ex librairie francophone de la ville de Toronto.

« Fondée en 1960, cette librairie était l'une des huit (8) librairies francophones de l'Ontario. Des sept qui restent, quatre sont à Ottawa, deux à Sudbury et une à Hearst », rappelle-t-on. Encore une fois le sort de la librairie indépendante est soumis à « la loi de la jungle concernant les achats de livres », puisque les principaux clients de cette dernière étaient les bibliothèques et les scolaires, qui passent aujourd'hui par de « gros distributeurs ».

Et les associations de pointer qu'au Québec, « une telle saignée n'est plus possible depuis l'entrée en vigueur en 1981 de la Loi 51, qui oblige les institutions publiques (bibliothèques, écoles, entre autres) à se fournir dans une librairie agréée de leur région ». Ainsi, les achats doivent se faire au prix public, ce qui a permis le développement de la librairie sur le territoire. « Qu'attend-on en Ontario français pour se doter d'une telle Loi 51, adaptée à notre propre réalité ? Cela ne pourrait-il pas faire partie d'une politique du livre ciblée sur l'Ontario français ? »

Pour l'AAOF et la Table, fermer « une librairie sur huit a des conséquences néfastes sur l'ensemble de l'infrastructure et sur tous les acteurs de la chaîne du livre, qui se sentent soudainement fragilisées devant la “walmartisation” de leurs intérêts vitaux en lecture, en alphabétisation et en rayonnement culturel ».