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La librairie en ligne, synonyme d'uniformisation des goûts ?

Antoine Oury - 01.02.2013

Edition - Librairies - recommandations littéraires - découverte - librairie en ligne


Un sondage mené par le groupe spécialisé dans la gestion de données autour du livre, Codex, inquiète considérablement de l'autre côté de l'Atlantique. Et pour cause : si 61 % des achats de livres sont désormais effectués en ligne, 7 % seulement des découvertes de nouveaux titres le seraient. Les données confortent les libraires dans leur spécialité, mais inquiètent quant à l'avenir de la diversité éditoriale.

 

 

Book swapping

nSeika, CC BY 2.0

 

 

Cela fait un moment que la vieille utopie de Facebook et Twitter comme première source de recommandations pour les achats de livres est devenue lettre morte : la récente étude de Babelio sur le bouche-à-oreille sur le Web apportait encore dernièrement un cinglant démenti à cette idée reçue persistante. Quant aux recommandations automatiques d'Amazon, elles sont basées sur l'historique des visites d'usagers « similaires »...

 

L'information diffusée lors du Digital Book World 2013 a fait grand bruit, particulièrement après la publication de résultats médiocres par Barnes & Noble, survivante de la chaîne de librairies défunte Borders. 

 

Le PDG de Codex en personne, Peter Hildick-Smith, est monté sur scène pour analyser ces résultats : d'après lui, un livre sur six serait découvert sur Internet, contre un sur dix il y a une décennie. Mais la comparaison serait biaisée : elle aurait dû exploser avec la démocratisation des accès à Internet et des appareils de lecture numérique, plutôt que d'enregistrer une hausse aussi mesurée.

 

« Il y a vraiment quelque chose qui ne va pas avec la promotion sur Internet. Elle ne fonctionne pas » a lancé Hildick-Smith, sans prendre de pincettes. Et le même n'y est pas allé de main-morte avec les éditeurs, en lâchant cette bombe : « Les commerces physiques fonctionnent quand on les protège... Les producteurs de films protègent bien les cinémas. À mon avis, les éditeurs ne soutiennent pas assez les librairies. »

 

En France, en 2011, le montant des aides versées par le CNL s'élevait à 2,51 millions € pour 353 librairies bénéficiaires, en incluant les francophones à l'étranger. Sur les recettes totales du Centre National du Livre pour 2011 (45,55 millions €), 11,7 % sont issues de la taxe édition.