La librairie, essentielle dans la découverte de livres

Clément Solym - 23.03.2013

Edition - Librairies - librairie physique - vente de livres - Angleterre


Une étude présentée par le cabinet Bowker Market Research sur le marché du livre britannique, et plus spécifiquement les librairies, apporte plusieurs informations intéressantes. Une nouvelle fois, on promeut la librairie indépendante, comme source de visibilité pour les livres, les auteurs... en se rendant compte des limites.

 

 

 

 

« La technique la plus efficace pour démanteler le secteur du livre physique serait d'accélérer la fermeture des librairies. Nous estimons que, quand une librairie ferme, environ un tiers de son chiffre d'affaires se transfère vers un autre libraire. Ce qui signifie que les deux tiers vont disparaître. Certaines de ces dépenses basculent sur la vente en ligne, mais une grande partie plonge simplement dans l'oubli », assure Douglas McCabe, de Enders Analysis. 

 

Jo Henry, de BMR, affiche la même analyse : le rôle crucial des librairies dans la découverte des livres. Pouvoir parcourir les ouvrages, fut-ce du regard, et les ouvrir un instant pour feuilleter quelques pages représente une force immense pour l'ensemble des ventes. Car les consommateurs, assure McCabe, ne naviguent pas tant sur internet qu'on veut bien le faire croire. 

 

« Sans librairies, l'édition devra être repensée dans son modèle, à tous les niveaux », ajoute-t-il. Près de 21 % des achats de livres, au cours de l'année 2012, seraient issus de découvertes faites dans une librairie, soit une valeur de 450 millions £. De même, près de 45 % des achats réalisés, pour lesquels le consommateur hésitait, ont été conclus finalement en librairie de brique et de mortier. 

 

En revanche, et à l'exception notable de Fifty Shades of Grey, les réseaux sociaux ne font pas vendre. 

 

Une fois de plus, il est donc essentiel de comprendre le rôle joué par les établissements dans la diffusion et la découverte de nouveautés. Mais pas simplement. Amazon, tout prescripteur qu'il tente d'être, ne parvient pas à la cheville des librairies, sur une multitude de genres - y compris le religieux, les livres sur le commerce, l'art, l'informatique ou la remise en forme et l'alimentation. 

 

Reste que l'étude montre bien comment évoluent les comportements et habitudes : un nombre bien plus important de livres a été acheté depuis internet durant l'année 2012, que chez des revendeurs physiques. Et ce, pour la première fois dans le pays. 

 

Et dans le même temps, les consommateurs qui achètent des livres numériques sont plus enclins à acheter également leurs ouvrages papier depuis des sites de revendeurs en ligne. Et la plupart du temps, le même revendeur - ce qui laisse entendre que les lecteurs migrent globalement, de par le numérique, tout en devenant fidèles à un établissement unique. (via The Bookseller)