La librairie hors de ses murs : le cas America, un festival de libraires

La rédaction - 23.05.2017

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Alors qu’on est bien au chaud dans sa boutique, à douze coups de pédale de son lit et à moins de cinq mètres de la bière fraîche la plus proche, pourquoi aller s’enquiquiner la vie à aller vendre des livres sur des salons, gage de bronchites en hiver et de douleurs lombaires en toutes saisons, à charger et décharger des tonnes de livres ? 

 

 

 

Si c’est en 2002 que le festival America a vu le jour à Vincennes. Dès le début des années 80, la librairie Millepages a commencé à y accueillir un grand nombre d’écrivains américains qui comptent aujourd’hui parmi les plus grands : Toni Morrison, Paul Auster, Richard Ford, Russell Banks, Jim Harrison, John Irving et bien d’autres...

Sans Millepages et sans son équipe, America n’aurait certainement jamais vu le jour.

Quand le festival a commencé à germer dans mon esprit, il était évident que les libraires y occuperaient une place centrale, et pas uniquement pour vendre des livres, une activité dans laquelle on souhaite trop souvent les cantonner. Car les libraires sont avant tout des passeurs de textes, qui conjuguent à longueur d’année passion et enthousiasme.

Ayant vécu l’aventure des libraires de L’œil de la Lettre et été à l’origine en 1997 de la naissance du groupement de librairies indépendantes Initiales, il était impensable pour moi de ne pas leur donner un rôle de premier plan dans cette manifestation.

De même que le festival fédère autour des littératures nord-américaines ceux qui les animent et les font vivre en français (éditeurs, traducteurs, agents littéraires et critiques littéraires), il rassemble également libraires indépendants et bibliothécaires. 
 

Le monde du livre, c’est tout un ensemble de professions interdépendantes, mais rares sont celles qui sont en contact direct avec les lecteurs. Alors si les libraires vendent des livres pendant le festival, ils animent surtout un rendez-vous prisé du public, le Café des Libraires, où les écrivains invités échangent avec eux sur des thèmes qui les rassemblent.

Tout comme ils prennent part à la journée professionnelle et aux différents temps forts de la manifestation.

Et ce sont des libraires indépendants venus de toute la France qui se retrouvent tous les deux ans à Vincennes, faisant profiter les festivaliers de leurs compétences et de leur talent. M’Lire à Laval, Le Square à Grenoble, Lucioles à Vienne, autant d’équipes qui retrouvent sur les stands des éditeurs libraires parisiens et franciliens, mais également des libraires belges, québécois et suisses, pour donner toute sa dimension humaine comme professionnelle à ce temps littéraire fort.
 

Retrouver le dossier Festival, salons, foires : la librairie existe aussi hors les murs


Depuis ses débuts, America a accueilli près de cinq cents écrivains du continent américain et des milliers de festivaliers. Grâce aux libraires qui ont accompagné la manifestation, la littérature y a eu un visage humain, celui qui accompagne les premiers pas de tant d’écrivains à travers les librairies de notre pays comme d’ailleurs. Dans un monde de plus en plus dificile et complexe, cette présence-là, comme celle du livre, est irremplaçable.
 

Par Francis Geffard,
éditeur, libraire, directeur de festival America

 

en partenariat avec le réseau Initiales