La librairie Le Merle moqueur en travaux, pour encore plus de jeunesse

Nicolas Gary - 29.02.2016

Edition - Librairies - librairie indépendante - merle moqueur - travaux jeunesse littérature


Voilà dix ans, la librairie Le Merle moqueur quittait son emplacement de la rue de Bagnolet pour faire son nid... un peu plus haut dans la rue. Depuis le 15 février, l’endroit, situé au 51 de la rue, est entré en travaux, pour quelques semaines encore. Mais les habitués pourront retrouver leur librairie dès le 7 mars, avec une première réouverture. 

 

Le Merle moqueur en travaux
ActuaLitté, CC BY SA 2.0


 

Yannick Burtin, propriétaire des lieux, se souvient que, dix ans auparavant, « nous avions repris un garage, qui avait nécessité pas mal d’investissements pour arriver à la librairie que nous avons aujourd’hui. Mais nos moyens ne nous autorisaient pas toutes les créations que nous voulions. Il a fallu laisser de côté certains choix, sur lesquels nous pouvons maintenant revenir ». 

 

De facétieux, le bâtiment devenait agaçant. Il y a cette verrière, tout d’abord, qui avait pris la méchante habitude de laisser s’infiltrer l’eau. « À chaque orage, évacuer les eaux pluviales devenait problématique. Et vous imaginez bien que les livres n’apprécient pas trop la pluie. C'est un espace ancien, virant vers le vétuste, que l’on avait déjà raccommodé. Les nouveaux travaux s’imposaient. »

 

Tout d’abord, casser quelques cloisons, pousser les murs, et gagner près de 80 m2 de superficie. Une cinquantaine sera dédiée à la jeunesse, et les 30 restants, à la littérature. « Une première réouverture interviendra le 7 mars, sur la partie avant de la librairie, soit une centaine de mètres carrés. » Pour la fin des travaux, il faudra attendre la mi-avril. L’ADELC et le CNL ont apporté un soutien financier aux travaux réalisés, et savoureront l’inauguration, prévue début mai.

Renouer avec plus de jeunesse encore

 

La jeunesse, c’est une dimension privilégiée du Merle Moqueur. « Voilà dix ans, c’était déjà un secteur que nous avions développé, et, au 51, nous souhaitions lui donner plus d’ampleur. Désormais, nous aurons 100 m2 consacrés aux livres jeunesse, aux jouets et aux jeux. » Cette diversité de l’offre se retrouvait déjà dans le premier établissement. « À l’époque, mes collègues du groupement de librairies Initiales me regardaient étrangement. Mais ce sont des produits qui représentent 10 à 15 % de notre chiffre d’affaires. Ils apportent une diversité importante, mais aussi des contraintes, comme la nécessité de solder à certaines périodes de l’année. »

 

En développant le secteur littérature et essais, après son déménagement, Le Merle moqueur avait perdu une partie de sa dynamique, estime Yannick Burtin. « C’est un avantage comparatif qui nous manquait, par rapport aux autres librairies. Il nous fallait renouer avec cette dimension jeunesse, mais également construire une offre familiale plus complète. »
 

Le Merle moqueur en travaux
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 


Pendant la durée des travaux, Le Merle reste cependant ouvert... cours de Vincennes, dans le magasin du Printemps. Une installation qui s’est faite fin 2010. « Le deuxième contrat arrivera à échéance fin 2016, et depuis quelque temps, le Printemps procède à la rénovation de ses différents magasins parisiens. Ils nous ont assuré de leur envie de poursuivre la collaboration, et nous profiterons d’un autre réaménagement, parce que le 5e étage sera totalement repensé. »

 

Deux clientèles bien distinctes, entre ces deux boutiques. « Rue de Bagnolet, la clientèle est plus familiale, tandis que, cours de Vincennes, elle correspond à la clientèle que l’on retrouve au Printemps. Plus féminine, et un peu plus âgée aussi. » Avec des tendances bien plus marquées : littérature, essais d’actualité et des guides de tourisme. 

 

Mais ce que le Merle savoure le plus, c’est une situation économique favorable à la librairie indépendante. L’Observatoire avait annoncé des hausses du chiffre d’affaires de l’ordre de 2,7 %, et la librairie s’inscrit clairement dans cette dynamique. « Le premier semestre était hésitant, mais à partir de l’été, nous avons connu des chiffres parfois supérieurs à cette moyenne nationale. C’est un mouvement que l’on constate chez les indépendants, plus généralement : au sein d’Initiales, nous l’avons tous remarqué. »