La librairie, secteur avec 'la plus forte hausse de chiffre d'affaires en 2013'

Nicolas Gary - 29.04.2014

Edition - Librairies - librairie indépendante - observatoire - petites entreprises


Pour l'avenir de sa progéniture, le domaine des prothésistes dentaires n'est plus à choyer. En effet, selon les résultats de l'étude présentée la semaine passée par l'Observatoire de la petite entreprise FCGA - Banque Populaire, c'est la profession qui accuse le plus important recul d'activité. Et qui trouve-t-on dans les rangs des meilleurs élèves ? Les libraires indépendants. Si « tous les voyants sont au rouge dans la plupart des professions analysées », l'indice moyen s'améliore, passant de -2% en 2012 à -0,1 % pour 2013. 

 

Hall du Livre, Nancy

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« Contre toute attente, les librairies-papeteries-dépôts de presse de proximité réalisent la plus forte hausse de chiffre d'affaires en 2013, toutes professions confondues : +8 %. Un exploit qui s'explique probablement par trois facteurs principaux : l'essoufflement des grands sites de vente de livres en ligne, la faillite de deux acteurs majeurs de la distribution de biens culturels et l'attachement renouvelé des consommateurs aux librairies traditionnelles », note l'Observatoire. 

 

C'est qu'avec les entreprises de terrassements et de travaux publics, en croissance de 6,2 % et les carrossiers automobiles, + 5,7 %, les librairies indépendantes auraient donc le vent en poupe. Plus globalement, le secteur des services améliore ses performances avec une croissance de 3,1 %

 

Pour la présidente, Christiane Compagny, il ne faut pas exulter non plus : « Même si l'indice moyen d'activité s'améliore (-0,1 %, contre -2 % en 2012), quasiment tous les secteurs sont fragilisés et l'absence de perspectives à court ou moyen terme a un effet dévastateur sur le moral des entrepreneurs. »

 

Néanmoins, elle salue le succès du secteur de la vente de livres, et sa prouesse, puisqu'il réalise la meilleure progression. « L'essoufflement des sites de vente en ligne, dont les modèles économiques ont été dénoncés par les médias et les syndicats, ainsi que la disparition de deux grandes enseignes spécialisées dans les biens culturels explique en partie ce regain d'activité. » 

 

Une nuance toutefois : tous les clients n'ont pas été répercutés sur les établissements indépendants, mais le positionnement dans les centres-villes des enseignes Virgin et Chapitre, a permis en partie une certaine redistribution.

 

Et pas question non plus de trop s'emballer : « Ce n'est pas parce que les librairies ont fait +8%, qu'elles vont faire +8% l'an prochain également. J'ai regardé les chiffres sur les 5 dernières années, il y a eu des hausses et des baisses. L'année dernière, le chiffre d'affaires avait chuté », précise Yves Marmot, président de la commission des études économiques, auprès d'Atlantico