La librairie toulousaine Privat "se porte mieux qu'il y a 18 mois"

Julien Helmlinger - 04.03.2015

Edition - Librairies - Librairie Privat - Reprise - Chapitre - Benoît Bougerol


À Toulouse, en octobre 2013, la librairie Privat était reprise par le libraire indépendant Benoît Bougerol, propriétaire de la Maison du Livre à Rodez. Interrogé par La Dépêche du Midi, il explique que la boutique « se porte mieux qu'il y a 18 mois. Nous avons terminé le premier exercice à l'équilibre ou presque, alors que lors des 3 derniers exercices du groupe Chapitre, elle enregistrait une perte de 200.000 € par an ».

 

 

La vitrine à l'heure du nouvel an chinois, via la page Facebook du commerce

 

 

Le repreneur a conservé depuis les 14 salariés qui se trouvaient employés au moment de la reprise de la librairie. Il précise que l'équipe est même composée de 17 personnes aujourd'hui, si on y ajoute un apprenti, sa fille Anne qui assure la gestion et le comptable. Si la presse lui avait prêté l'ambition de doubler le chiffre d'affaires de la boutique, Benoît Bougerol explique qu'il souhaitait avant tout rendre sa viabilité à l'établissement toulousain.

 

« Aujourd'hui, nous sommes parvenus à une stabilité globale du chiffre d'affaires avec une très forte progression en littérature, jeunesse et bande dessinée. [...] Compte tenu de son espace et de son stock, la librairie Privat devait retrouver son résultat de 2004 qui était de 5,2 millions d'euros de chiffre d'affaires. Mais elle revient de loin. En 2013, ce chiffre était tombé à 2,3 millions d'euros. Il est aujourd'hui stabilisé. Ce serait évidemment bien de le doubler. Mais pour le moment notre objectif est de progresser de 20 % pour revenir au résultat de 2010 », récapitule Benoît Bougerol.

 

Au cours des 18 derniers mois écoulés, la librairie Privat a investi 300.000 € pour refaire sa façade de magasin, réaménager son rez-de-chaussée et acquérir un nouveau système de climatisation. D'autres travaux débuteront dans quelques semaines, dans l'optique de réaménager les quelque 300 m² du sous-sol et remettre l'ensemble du bâtiment en conformité avec les normes de sécurité.

 

Une activité concentrée sur le livre imprimée

 

Comme pour la librairie Ombres Blanches, également basée à Toulouse, le poids du numérique sur les résultats serait quasiment nul, selon le repreneur. Il estime que les lecteurs ne se rendent pas dans les librairies pour acheter des ebooks. « Ce sont les systèmes propriétaires tels que Google, Apple ou Amazon qui captent le marché. Je ne pense pas que le numérique soit l'avenir pour le livre. »

 

Le libraire rappelle que les ventes de livres en France ont progressé de 1 % l'an dernier. Le réseau qui se porte le mieux est celui des grandes librairies indépendantes, alors que les résultats des hypers et grandes surfaces sont en baisse, précise-t-il. Si Toulouse est une des villes françaises à posséder le plus d'enseignes indépendantes, avec 21 boutiques, Benoît Bougerol estime que « ce n'est pas le nombre de magasins qui est pertinent pour les lecteurs. »

 

« La vraie question qu'il faut se poser est celle de la richesse de l'offre sur une ville. La librairie Mollat à Bordeaux réalise un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros. À titre d'exemple, Ombres Blanches à Toulouse c'est 9 millions d'euros. Il n'est pas certain qu'en additionnant toutes les librairies de Toulouse nous atteignions le niveau de l'offre de la seule librairie Mollat à Bordeaux. Il est certain qu'à Toulouse il y a beaucoup de librairies, mais certaines sont très fragiles. Quel est leur avenir ? » s'interroge le libraire.