La librairie, victime des grandes surfaces ou de départs en retraite ?

Florent D. - 10.09.2013

Edition - Librairies - prix unique du livre - librairies - Québec


Alors que le Québec est en train de discuter de l'opportunité d'une loi permettant de réguler le prix de vente des livres, ses partisans mettent en avant que le prix unique, en France, est parvenu à sauver les librairies. Eet souvent, ce sont les grandes surfaces que l'on pointe du doigt. L'Association des libraires du Québec vient de communiquer une liste très attendue des fermetures d'établissements survenues depuis 2001. 

 

 

 

 

La commission parlementaire sur le prix unique du livre n'avait en effet pas su communiquer de nombre exact de fermetures d'établissements, et l'on constatait qu'en fonction des sources, le chiffre pouvait varier. L'Institut de la statistique du Québec ne disposait pas de ces informations, et seule l'ALQ semblait alors en mesure de communiquer la liste. 

 

L'Association devait d'ailleurs la rendre publique le 21 août dernier, à l'occasion de son audition. Ce ne fut pas le cas, et c'est aujourd'hui que l'on peut prendre connaissance dans un document complet des fermetures. Désormais, « il reste à enquêter sur les raisons réelles de ces fermetures. Les requérants d'une réglementation du prix de vente du livre soutiennent que ces fermetures s'expliquent par la concurrence des ventes au rabais des magasins à grande surface », explique la Fondation littéraire Fleur de Lys. 

 

Or, s'il y a bien eu des fermetures - 34 en tout, depuis 2001 -, elles s'expliquent souvent par des départs à la retraite, sans que le commerce ne soit repris. Nous serions donc loin de la concurrence déloyale des grandes surfaces. 

 

Cette question avait d'ailleurs été soulevée par Lise Desrochers, directrice générale de l'ALQ, dans un entretien daté de 2010 : «(…) Nous avons fait faire une étude dont les résultats étaient alarmants. Selon cette étude, en 2012, c'est-à-dire dans deux ans seulement, 50% de nos membres partiront à la retraite. Cependant, 10% seulement préparent leur départ, ce qui semble indiquer que dans la plupart des cas, il n'y aura pas de reprise : généralement, il faut plusieurs années pour préparer une reprise. Nous avons communiqué ces résultats à nos membres et nous leur avons proposé une formation pour les aider à réfléchir à l'idée d'une reprise : 20% seulement des personnes concernées ont réagi. »

 

De ce fait, et avant de plaider en faveur d'une législation sur le prix de vente des livres, motivée par des fermetures d'établissements engendrées par la concurrence des grandes surfaces, il serait intéressant d'établir les raisons pour lequelles les librairies ont réellement mis la clef sous la porte.