La Licra et le Niger déboutés : Pascal Sevran n'avait pas réfléchi

Clément Solym - 05.02.2009

Edition - Justice - Licra - Niger - débouter


On apprend que finalement, dans l'affaire qui opposait la Licra et la République du Niger au livre de Pascal Sevran, Le privlège des jonquilles, et dans lequel l'animateur, décédé en 2008, s'indignait de ce que le pays, où « le taux de fécondité est le plus élevé au monde » connaisse une grave famine.

Procédant par élimination, le présentateur avait également déclaré dans Var Matin qu'il « faudrait stériliser la moitié de la planète », et probablement pas la partie située au-dessus de la Méditerranée. Enfin, ce que laissait entendre cette intervention, pour laquelle Pascal Sevran s'était finalement excusé publiquement.

Mais voilà, le Niger avait - pas forcément à tort - trouvé les propos racistes, arguant - pas tout à fait sans fondement - que l'on pratiquait là l'éloge de l'eugénisme, et que le livre dans son ensemble était une incitation à la discrimination. Erreur a affirmé ce jour la 17e chambre pour qui seuls une association française ou le ministère public peuvent porter une telle affaire devant les tribunaux.

Cependant, la plainte de la Licra, jugée recevable a été déboutée contre Albin Michel, l'éditeur : selon le tribunal, si l'animateur « exprime son indignation [...] en termes crus et méprisants qui peuvent choquer ou blesser, il livre plus une réaction sur le vif qu'une analyse réfléchie sur le sujet ». En outre, le texte n'incite personne à quoi que ce soit, précise le tribunal, c'est tout l'inverse, puisqu'« il exhorte les lecteurs à avoir une compassion plus profonde et sincère envers ces malheureux enfants ».

Petit extrait, plein de poésie et d'amour de l'humanité, offert par l'AFP : « Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout va. La mort est au bout de leur bite. [...] Personne jamais n'osera leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l'humanité : faire des enfants ».