La Ligue Arabe accuse Israël du vol de 80.000 livres

Antoine Oury - 31.10.2014

Edition - International - Israël vol livre Palestine - 80.000 livres Ligue Arabe - Nabil Elaraby


Le secrétaire général de la Ligue Arabe, Nabil el-Araby, est intervenu dimanche dernier à l'occasion du Jour du Document Arabe, afin d'appeler à une union des pays arabes pour préserver leur histoire et leur mémoire. Le secrétaire général a pointé les puissances colonialistes et leur mainmise sur les documents, et a eu un mot spécifique pour Israël, qu'il a accusé de vol de documents palestiniens.

 

 

Palestinian Occupied Territories

Territoires palestiniens occupés (Montecruz Foto, CC BY-SA 2.0)

 

 

Les pays arabes doivent se tourner vers l'archivage et la préservation de leur patrimoine, notamment écrit, a souligné le secrétaire de la Ligue Arabe. La seconde moitié du XXe siècle aura été particulièrement destructrice en la matière, a-t-il expliqué : l'indépendance d'anciennes colonies aura pu provoquer le vol de documents par les différentes puissances coloniales.

 

« Les pays arabes font face à de nombreux défis, certains se présentant comme des tentatives claires d'oblitérer leur histoire et leur héritage arabe et islamique. Des pays arabes comme l'Algérie, la Libye, l'Irak, sans oublier la Palestine, sont toujours confrontés à des vols d'archives par les puissances colonialistes », a-t-il affirmé.

 

Nabil el-Araby n'a pas hésité à accuser Israël du vol de 80.000 documents sur le territoire palestinien, depuis la guerre israélo-arabe de 1948. 30.000 livres auraient été pillés à Jérusalem, et 30.000 autres à Haïfa et Jaffa, détaille le journal Al Jazeera dans un article publié en 2013. Ces pillages avaient parfois des visées conservatrices, mais une partie des documents auraient été détruits. Quelque 8000 ouvrages arabes, provenant de ces pillages, seraient encore conservés à la Bibliothèque nationale de Jérusalem, frappés du tampon « Abandonnés ».

 

L'ambassade d'Israël a répondu en expliquant que ces documents avaient été conservés dans un esprit « de pluralisme et de multiculturalisme », soulignant par ailleurs que ce type d'accusations favorisait « le genre de déformations qui empêchent les pays du monde arabe de se réconcilier avec Israël, et de travailler à la paix plutôt qu'à la poursuite des conflits ».