Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La littérature afro-américaine, cinquante ans après le rêve de Luther King

Julien Helmlinger - 28.08.2013

Edition - International - Martin Luther King - Commémoration - Littérature afro-américaine


Les temps auraient finalement changé, nous rapporte l'AFPAvant le mouvement des droits civiques dont Martin Luther King fut l'une des figures emblématiques, la littérature afro-américaine était quelque peu méprisée avec la ségrégation raciale en vigueur. Elle ne constituait pas un sujet d'étude en classes littéraires et les enseignants noirs n'étaient pas nombreux à partager leurs leçons. Mais cinquante ans après le rêve de Martin Luther King, il semblerait qu'elle soit devenue depuis considérée dans sa singularité, et partie intégrante de l'identité culturelle américaine.

 

 

 Martinlutherking.org

 


Depuis le célèbre discours du 28 août 1963, une auteure comme Toni Morrison a été récompensée du Prix Pulitzer en 1988, hommage littéraire le plus prestigieux aux États-Unis, pour son livre Beloved, avant d'y ajouter le Nobel en 1993. Et désormais des auteurs noirs sont régulièrement primés et très bien vendus en librairies d'outre-Atlantique : Alice Walker par exemple, Terry McMillan ou encore Zane, un pseudonyme, dans la veine érotique.

  

Évoquant les études littéraires, Carolyn Karcher explique : « Aujourd'hui il est impossible de suivre cette filière sans étudier les écrits des Afro-Américains. Le mouvement des droits civiques a stimulé les jeunes Noirs qui ont manifesté sur les campus pour que les programmes changent. »

 

En 1968 déjà, la poète noire Sonia Sanchez a contribué à l'impulsion, au sein de l'Université de San Francisco, de l'ouverture du premier département de Black Studies, consacrées à la littérature afro-américaine considérée comme un genre à part entière.

 

Après son assassinat cette même année, le docteur King est devenu une véritable icône, inspirant bon nombre d'auteurs et d'oeuvres à sa suite. A noter par exemple l'essai The King God didn't save de John A. Williams, le roman Dreamer de Charles Johnson, Meridian, pour en revenir à Alice Walker, ou encore la bande dessinées King de Ho Che Anderson. Autant d'oeuvres ayant consolidé l'image de martyr du révérend. 

 

Selon James Miller, professeur de littérature afro-américaine du XXe siècle à l'université George Washington, le rôle des écrivains noirs a pris de l'ampleur dans le débat national américain sur les questions raciales et quant à la démocratie. Élargissant selon lui  les frontières de la littérature et de la culture américaines.

 

Mais si la lutte pour l'égalité des races a progressé, et le président américain en est un exemple, de telles statistiques ne se vérifieraient pas encore dans les registres des détenus au sein des prisons, et les inégalités économiques sembleraient s'accroître. Selon l'écrivain Carter Mathes, le pays se détournerait de nombreux acquis du mouvement des droits civiques. Il estime qu'il revient à ses pairs de poursuivre la réflexion.

 

À noter qu'à Paris, aujourd'hui, se tiendra une flash mob impulsée par l'UNESCO et l'Institut international du théâtre. Rendez-vous fixé sur le Plateau Joffre, à partir de 18h00. Une commémoration du discours mythique, I have a dream, avec des rencontres, d'autres animations surprises promises par SOS Racisme ainsi qu'un concert gratuit.

 

Et le discours, sous-titré en français :

 

 


Martin Luther King  I have a dream (sous-titres... par Texwolf