La littérature au secours des Bodegas, commerces de rues chargés d'histoire

Clément Solym - 20.09.2017

Edition - International - commerces proximité vente - Bodegas histoire amérique - littérature souvenirs bodegas


La Bodega est un espace dédié aux participants de fêtes, ou dans le sud-ouest, des férias : on y boit, on discute, on danse, on mange un morceau. L’idée même d’une Bodega automatisée fait alors frémir : le concept repose sur l’échange et les relations humaines. Certainement pas sur une machine distribuant des denrées...



 

 

A l’origine, deux anciens de Google, qui décident de monter Bodega, une start-up, s’était déjà attirée les foudres d’internautes. Son projet est de remplacer des magasins par des espaces automatisés, stockant des denrées non périssables, à travers le pays. Et le tout est actionné par un iPhone, permettant de débloquer les achats.

 

Un pareil concept a provoqué de nombreuses réactions, considérant que le principe même pouvait nuire aux véritables boutiques. Et en l’état, ces dernières allaient périr à petit feu. En soi, rien de très littéraire dans tout cela, sinon une dimension assez futuriste des réseaux de distribution de denrées qui verrait le jour aux États-Unis.

 

La première critique adressée aux deux petits génies venus de la Silicon Valley est qu’ils n’avaient à aucun moment pris en compte la vie des êtres humains dirigeant ces boutiques. Et en s’appropriant le nom même de Bodega, ils devenaient des géants potentiels, acharnés à détruire le petit commerce. 

 

 

 

En réaction à ce déploiement de force, le site Electric Lit, une maison d’édition qui publie des fictions, essais, nouvelles, mais également de la critique littéraire et des analyses sociétales, a lancé son projet Bodega, qui intervient en réaction.

 

Plusieurs auteurs ont été sollicités pour décrire ces magasins typiques, généralement tenus par des personnes issues en première ou deuxième (ou troisième) génération des vagues migratoires qu’a connues le pays. 

 

Anu Jindal et Dwyer Murphy, les deux éditeurs en charge de ces publications, souhaitaient avant tout que l’on présente « l’une des forces contemporaines qui façonnent les villes – qu’il s’agisse de la gentrification, de l’immigration ou des inégalités économiques ». Autrement dit, montrer comment, dans l’ensemble des villes américaines, ces Bodega avaient une place spécifique et une histoire, rattachée à celles des hommes...

 

Certaines sont d’ailleurs particulièrement connectées avec les flux migratoires des Portoricains, se souvient l’auteur Charlie Vázquez, considérant ces lieux comme un trésor de la culture portoricaine... 

 

Les boîtes connectées ne font pas tout, assurément.