La littérature érotique incite plus à faire l'amour que la vaisselle

Clément Solym - 09.02.2016

Edition - Les maisons - littérature érotique - sondage français lecture


La sortie d’une nouvelle collection donne rarement l’occasion d’une enquête – à moins que la Saint-Valentin ne s’approche et que l’on ne parle de littérature érotique. L’occasion rêvée de découvrir que 51 % des Français ont lu un livre érotique. Et, pour information, les 65 ans et plus seraient des consommateurs « assidus », à 65 %. 

 

Stephan Sinding (1846-1922) - Un Homme et Une Femme (1891)

ketrin, 1407, CC BY 2.0

 

 

Si les hommes dévorent des yeux la courbure de ces pages coquines (54 %), les femmes sont tout de même 48 % à y prendre goût. Las, 59 % des cadres supérieurs s’y sont plongé : les catégories plus populaires sont 43 % à admettre ce penchant. 

 

A contrario, si l’on peut lire, on reste discret : 17 % ont conseillé une lecture, 15 % ont prêté un livre et 10 % en ont offert. « Pour l’ensemble de ces pratiques, les moins de 35 ans sont majoritairement concernés (24 % conseillent des ouvrages par exemple). De fait, l’érotisme et la sexualité semblent moins tabous chez les membres de la génération Y », expliquent les éditions de la Bourdonnaye qui ont commandé l’enquête.

 

Cela explique probablement que 79 % des lecteurs préfèrent lire seul, même si 30 % imaginent pouvoir le faire accompagner – ou le font. Le conjoint est alors le plus plébiscité pour ce faire à 25 %. 

 

Fait assez notable, 87 % des lecteurs passent par un ouvrage en papier contre 13 % en numérique – ce que l’on retrouve tout particulièrement chez les femmes, à 91 % enclines à préférer la chose... imprimée. A contrario, on achète sur la toile, pour plus d’un tiers, contrairement à la littérature générale qui ne recueille que 18,5 % des lecteurs. « Les internautes évitent ainsi le potentiel jugement de valeur des vendeurs et des clients sur leurs lectures… », analyse-t-on. 

 

Mais où lire ? La chambre est privilégiée, à 69 %, puis vient le salon, à 44 %. Lieux publics et transports en commun ne sont que minoritaires, 5 % et 2 %. Rappelons que certains objets peuvent désormais se joindre à la lecture... de manière connectée, comme le sextoy B.Sensory.

 

« Certains lecteurs confirment que ces œuvres les ont déjà inspirés et conduits à faire l’amour, qu’ils soient en couple (52 %), seuls (37 %) ou même en groupe (7 %). Au total, 57 % des lecteurs se sont laissés inspirer dans au moins l’une de ces situations. On note cependant que les hommes sont plus concernés par ce phénomène (63 % contre 50 % des femmes). »

 

Le sondage accompagne le lancement des Classiques érotiques, une réédition de 120 auteurs, soit méconnus pour des textes de ce genre (Maupassant, Apollinaire, ou Voltaire) soit des spécialistes.

 

 

  Les Français et la littérature érotique

 


Pour approfondir

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Le souci des plaisirs ; constuction d'une érotique solaire

de Michel Onfray

Vingt siècles de christianisme ont imposé une conception du corps déplorable et une sexualité catastrophique, par l'imitation d'un Corps qui ne boit pas, ne mange pas, ne rit pas et n'a pas de sexualité.

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