La littérature féminine et l'image que les lectrices ont de leur corps

Julien Helmlinger - 05.02.2013

Edition - International - Littérature féminine - Image du corps - Effets secondaires


L'institut amériain de haute éducation Virginia Tech a publié les résultats d'une récente étude au sujet de l'influence de la littérature féminine sur l'estime de soi et le rapport au corps des lectrices. Et selon les observations relevées, le genre ne serait pas aussi psychologiquement inoffensif qu'il semble à première vue. Il pourrait avoir un effet sur la manière dont les femmes appréhendent leur poids ou encore la perception de leur propre attractivité sexuelle. La « chick lit », une question de santé publique ?

 

 

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Selon l'Oxford English Dictionary, la « chick lit » désigne la littérature qui s'adresse avant tout aux femmes. Des histoires d'amour et de paillettes, souvent agrémentées de quelques problèmes de poids et autres transformations physiques des protagonistes.

 

En somme, l'observatoire idéal pour la recherche sur les liens entre représentations textuelles de l'esthétique du corps, de son poids ou du sentiment d'attractivité sexuelle. Ce qui a conduit le professeur de communication Robert G. Magee et l'étudiante Melissa J. Kaminski à enquêter auprès de 159 étudiantes.

 

Les chercheurs ont donc soumis préalablement leur panel à la lecture d'un extrait adapté de Something Borrowed de Emily Griffin, ou un autre de Dreaming in Black and White de Laura Jensen Walker, qu'ils ont déclinés en 9 versions différentes chacun.

 

La preuve par 9 donc, tandis que les protagonistes des extraits sont soit en surpoids soit en insuffisance pondérale ou encore sans aucune mention de poids, et qu'ils ont soit une haute estime d'eux-mêmes soit un déficit ou encore aucune mention quant à l'estime de soi.

 

Chaque étudiante s'est vue confier un extrait à lire avant de répondre à une même série de questions visant à évaluer leur estime d'elle-même ainsi que le rapport à leur corps. Et selon les réultats publiés en décembre dernier : « Le poids du protagoniste a influencé la perception des participants quant à leur attractivité sexuelle, mais pas leur préoccupation par rapport à leur poids. En revanche, tandis que l'estime de leur corps a influencé la préoccupation concernant leur poids, elle n'a pas eu d'incidence sur l'attractivité sexuelle telle qu'ils la perçoivent. »

 

Si ce type de problèmes fictifs rencontrés par les protagonistes d'un roman peuvent devenir contagieux pour les lecteurs : il vaudrait mieux lire des livres dans lesquels le héros n'a ni besoin de combattre son poids ni une mauvaise image de son corps. Néanmoins la littérature féminine n'est de loin pas le seul média capable d'influer sur la psychologie humaine. L'exemple n'est que le pendant littéraire de ce que l'on peut observer avec la télévision, les magazines, le cinéma...