Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La littérature ivoirienne en faillite, et des auteurs en fuite

Clément Solym - 05.09.2012

Edition - International - Abidjan - Côte d'Ivoire - Bandaman Maurice


Un avenir sombre pour la littérature ivoirienne qui semble bien précaire. En effet, en dépit de l'implication des auteurs, il s'agit d'une activité secondaire dans le pays. Et ce, malgré la grande érudition des écrivains, et la qualité indéniable de la production.

 

 

World Affairs Briefing with President Ouattara of Côte d'Ivoire

Alexandre Ouattara, président de la Côté d'Ivoire CSIS via Flickr

 

 

Pour mieux promouvoir l'activité, l'Association des écrivains (Aeci) avait été créée il y a 26 ans, grâce à la fusion de deux structures, l'Association des poètes de Côte d'Ivoire (Apoci) et l'Union des poètes et écrivains ivoiriens (Upei).

 

Mais depuis, l'association se meurt et les rapports d'activités sont raréfiés. En effet, sur son site, le dernier ouvrage présenté date de 2011, publié par une maison d'édition française, les Kirographaires. Il s'agit du roman Le soleil froid, de Frédérique Kadjo : « J'ai fait des études en économie parce que peu de gens vivent de l'écriture, mais c'est vital. Je ne conçois pas le monde sans cette valeur ajoutée. »

 

Et bien il semble que cette littérature ne puisse se concevoir sans crédits, beaucoup disent qu'elle une étiquette sans objet. Bandaman Maurice, l'actuel ministre de la Culture et de la Francophonie, comptait pourtant impulser une nouvelle dynamique au secteur, mais presque tous les auteurs sont exilés. 

 

De nombreux journalistes sur abidjan.net font état des écrivains expatriés. À commencer par Tanella Boni ou Amadou Koné.  « Très bientôt je rentrerai » disait pourtant Véronique Tadjo, lors de son dernier passage dans la capitale, pour la promotion de son livre La reine Pokou. Née à Paris, écrivaine et poète, elle a notamment publié des ouvrages jeunesse. Elle est également lauréate du grand prix littéraire d'Afrique noire.

 

Autre expatriée, Suzanne Tanella, professeure de philosophie à l'Université de Cocody à Abidjan. Auteur de livres pour enfants, en 2005 elle recevait le Prix Ahmadou Kourouma2, pour son roman Matins de couvre-feu, la voilà en exode depuis quelques années. Idem pour Amadou Koné, l'auteur des célèbres Frasques d'Ebinto.

 

En 2011, le président de l'Aeci, Josué Guéo, s'était fixé l'ambition de promouvoir la littérature enfantine qui pourrait faire levier dans le secteur. Ce qui manque, c'est un esprit de cohésion.

 

Alors qui reste-t-il ? Les écrivains Alain Mabanckou (congolais) et Jacques Chevrier (français) seront les invités d'honneur de la cérémonie de distinction "Prix d'Ivoire" pour la littérature africaine d'expression francophone 2012. Celle-ci aura lieu le 1er décembre 2012 à Abidjan, placée sous la présidence du ministre de la Culture et de la Francophonie.