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La lutte contre le piratage passe par une offre légale simplissime

Clément Solym - 19.12.2011

Edition - International - industrie culturelle - economie - piratage


La lutte contre le piratage, c'est l'enjeu futur, pour l'ensemble de l'industrie culturelle. A ce titre, Robert Levine, ancien rédacteur en chjef de Billboard et du New York Times est une personne que l'on écoute en la matière. Et justement, le piratage est le sujet de Free Ride, son dernier ouvrage.

 

Robert y présente les sociétés de technologie et « autres parasites numériques », qui menacent les industries culturelles. Mais très loin de condamner internet, Levine montre surtout que les studios cinématographiques d'Hollywood ou les maisons d'édition ont échoué dans la nécessaire adaptation à l'essor des univers numériques. 

 

Cependant, il estime surtout que la culture a un prix. Et c'est ce dernier qu'il faut défendre, pour que perdure l'industrie, sur The Wrap

 

Le piratage, évidemment, c'est une thématique contemporaine exacerbée par l'environnement dématérialisé de la culture. C'est en effet par ce biais que l'on accède le plus simplement du monde aux oeuvres, une fois qu'elles ont été numérisées. En outre, les outils pour y parvenir, dans le domaine du cinéma et de la musique sont désormais maîtrisés par le grand public. Pour ce qui est du livre, on est encore loin...

 

Pour Robert Levine, les industries culturelles ont plus en commun qu'elles ne voudraient l'admettre. Quant aux entreprises de nouvelles technologies, elles ont évidemment besoin de celles du divertissement, depuis des années. L'un de ces acteurs, c'est bien sûr Google, une société qui incarne quasiment tous les métiers en relation avec la toile.

 

« Elle est si omniprésente que les gens ne réalisent pas qu'elle est là. » Et cette surprésence incarne typiquement une forme de danger. Mais sans aucune hostilité, Levine ajoute : « Ce que je voulais dire, c'est que l'influence de Google sur le monde s'exerce par des manières qui ne sont pas évidentes, et on devrait s'y intéresser. »

 

Reste que les développements de la consommation sont largement motivés par une relation, moins à l'argent, qu'à la facilité d'accès, estime Levine. Les industries « doivent  rendre le commerce légal le plus simple possible et l'illégal le plus pénible possible. Si vous pouviez faire en sorte que le piratage ne se déroule que sur des sites russes louches, où toute carte de crédit prend des risques, alors vous dissuaderiez un grand nombre de personnes ».

 

On se souviendra qu'en France, Hachette Livre vient de décider d'un accord avec la société Attributor dans la luttre contre la contrefaçon. Une surveillance du net pour limiter la présence d'ebooks sur des sites qui les offrent gratuitement... qui n'est peut-être pas la meilleure des solutions.

 

Reste qu'il n'existe aucune solution absolument parfaite. Simplement la possibilité d'expérimenter, en permanence, pour tenter de trouver les outils les plus efficaces possible, pour les éditeurs de contenus.