La Mairie de Paris donne un toit aux livres les moins empruntés

Clément Solym - 02.03.2012

Edition - Bibliothèques - bibliothèques - Mairie de Paris - réserves


Bonne nouvelle : malgré la fin de la trêve hivernale, la Mairie de Paris devrait si tout va bien mettre en place un réseau de réserves thématiques pour les livres les moins plébiscités par les usagers des bibliothèques parisiennes. Les ouvrages jeunesse, grands oubliés de la conservation, sont particulièrement concernés par l'initiative.

 

Le Conseil de Paris a partiellement adopté lors de la session des 6 et 7 février dernier un voeu des élus d'Europe Écologie Les Verts (EELV) qui proposaient la création de « dépôts délocalisés thématiques » pour accueillir les ouvrages en mal d'emprunteurs dans les bibliothèques de la capitale.

 

C'est une véritable seconde vie qui attend les ouvrages stockés, puisque ces dépôts permettront de leur éviter une agonie peu glorieuse : la mise au « pilon », ou, d'après une litote administrative, « l'écrêtement », c'est-à-dire la destruction pure et simple des documents. Une pratique courante dans le milieu de l'édition, et adoptée à l'occasion par la BnF pour dégager ses rayons.

 

 

 

La Réserve Centrale, dont le rôle est d'accueillir les ouvrages les moins empruntés (mais souvent épuisés en librairie), arrive en effet à saturation et « n'est pas extensible » comme le notent les élus EELV dans leur voeu. 

 

Ce dernier comportait deux alinéas, le premier réclamant que la Réserve Centrale « soit ouverte aux livres issus des collections jeunesse lorsque les conservateurs de ces sections estiment que l'intérêt et l'état de l'exemplaire le permettent », le second appelant donc à la création de réserves thématiques. Seul le second alinéa a été adopté, précise-t-on sur le site des élus Verts.

 

Les dépôts délocalisés abriteront des bandes dessinées, des polars et des ouvrages de science-fiction. Le pôle BD sera vraisemblablement localisé à la médiathèque Marguerite Yourcenar (15e), tandis qu'un fond jeunesse pourrait être constitué au sein de la future bibliothèque Saint-Lazare (10e). 

 

Les élus EELV ont particulièrement insisté sur « l'intérêt patrimonial et sentimental de conserver des exemplaires de livres lus par des enfants devenus parents et qui voudraient faire connaître à leurs enfants des lectures qui les ont émus ou charmés au même âge ». Une affection pour la littérature jeunesse partagée par les lecteurs parisiens, puisqu'ils auraient effectué un peu plus de 4 millions d'emprunts, d'après les chiffres d'EELV.