La mairie de Paris sert du caviar aux bibliothécaires

Clément Solym - 09.02.2012

Edition - Bibliothèques - bibliothèques - Mairie de Paris - réductions budget


« Maire, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Si l'année à venir risque fort de ressembler à un calvaire pour les bibliothèques parisiennes, la Mairie de Paris vient en tout cas de donner raison à ses détracteurs du blog CGT Culture en caviardant une phrase de son site officiel. Et pas n'importe laquelle.

 

Ça ne représente pourtant pas grand-chose : les administrateurs du site de la Mairie de Paris ont modifié une phrase, une seule petite phrase sur la page de présentation des bibliothèques. 

 

Mais le détail n'a pas échappé aux militants CGT du personnel de la Direction des Affaires culturelles, pas des « canards sauvages » comme ils l'affirment de nouveau, bien déterminés à pourrir la nouvelle politique culturelle de la Mairie de Paris. Laquelle cumule hypocrisie et franches coupes dans les financements : « C'est une sorte de record qui a été atteint dans les restrictions budgétaires des bibliothèques parisiennes : 21 établissements sont touchés [...], avec des coupes entre 10 et... oui, oui, 60%. » (voir notre actualitté)

 

Et si on caviardait directement les bibliothèques? 

 

Il y a peu, un visiteur pouvait s'instruire sur le réseau des bibliothèques parisiennes à l'aide du site de la Mairie de Paris et s'émerveiller sur les réjouissances à venir: « Onze petits établissements (de 100 à 380 m²), installés dans les mairies ou les écoles, témoins de l'ancien réseau, privilégient le service pour les adultes, avec des collections d'imprimés seulement. La plupart ont vocation à être remplacés par des équipements modernes, ou à être agrandis. »


Le fameux paragraphe, encore disponible sur le cache du 16 janvier 2012


Mais maintenant, la fête est finie et la culture doit être rentable: c'est bien entendu la dernière phrase qui a gentiment plié bagages. Une correction qui définit parfaitement l'horizon proposé aux établissements de quartier, pris à la gorge par la suppression des crédits: la bibliothèque Amélie, dans le 7ème, perd ainsi 60% de son budget. Les impôts locaux y sont pourtant élevés...


Une suggestion pour les caviardeurs de la Mairie: il y a encore un paragraphe génant, le cinquième de la section « Historique », qui rappelle: « Elles [les bibliothèques] ont ensuite connu un développement en dents de scie dont les périodes de stagnation, voire de régression, s'expliquent principalement par les vicissitudes budgétaires. »


Certains pourraient être tenté de s'abandonner aux comparaisons...