La mairie impose d'acheter chez Leclerc au détriment des librairies

Clément Solym - 18.06.2010

Edition - Economie - leclerc - achat - livres


À quelques mois de la rentrée scolaire, alors que nos lycéens planchent sur leur bac, une petite histoire de gros sous vient d'éclater dans la ville de Castres. Située dans le Tarn, elle est devenue depuis quelques jours un enjeu financier pour les enseignants qui vont commander les ouvrages scolaires de leur rentrée.

Jusqu'à lors, explique La Dépêche, les professeurs avaient la possibilité de choisir l'établissement qu'ils préféraient pour passer leurs commandes - tant que la boutique se trouvait en ville. Un choix assez vaste, puisque l'on trouve au moins huit librairies dans la ville.

Obligation de passer par Leclerc, c'est moins cher

Mais l'adjointe à l'éducation, Michèle Galissard, vient de faire passer une petite note de service à destination des instituteurs, lesquels doivent désormais effectuer leurs commandes via l'Espace culturel Leclerc. Pourquoi ? Parce que les économies réalisées sont plus importantes, ce dernier ayant monté de trois points les 20 % que les librairies Majuscule et Graffiti consentaient.

Forcément, cela ne pouvait pas passer inaperçu. Ni laisser de marbre Nicole Legrand, libraire chez Graffiti, passablement excedée. D'un côté, la mairie néglige les librairies indépendantes de la ville - et leur relation privilégiée avec les enseignants depuis tant d'années. De l'autre, elle se dit prête à pratiquer la même remise que Leclerc, si tout cela n'est qu'une question d'argent.

« Hors marché public, veuillez avoir l'obligeance de laisser les enseignants se servir à la librairie de leur choix », explique-t-elle. Contactée par ActuaLitté, la gérante de Majuscule, Anne Valette, partage cet avis.

Et dès lors que des enjeux politiques interviennent, on se doute que l'opposition a fait feu de ce bois. Ainsi, Castres à gauche vraiment dénonce une décision de la mairie « scandaleuse, indécente et choquante ». En soutenant le centre commercial, c'est une nouvelle fois un acte litigieux que la mairie. « On savait déjà que le maire avait accepté en contrepartie de la rénovation de la piscine, l'ouverture d'un centre commercial Leclerc sur la route de Lautrec. Aujourd'hui, il n'hésite pas à attribuer un marché public de manière partisane. »