La maison d'édition allemande Suhrkamp dépose son bilan

Julien Helmlinger - 07.08.2013

Edition - Les maisons - Suhrkamp - Edition - Dépôt de bilan


Nouvel acte dans les démêlés de la maison Suhrkamp. Outre-Rhin, le renommé éditeur néanmoins chahuté, qui publie entre autres des références nationales comme Hermann Hesse et Bertolt Brecht, vient de déposer son bilan. La firme a dévoilé un plan qui prévoit désormais sa transformation en société par actions, ainsi que le maintien de ses emplois.

 

 

Crédits : Suhrkamp

 

 

Ce nouveau programme de sauvetage prévoit que tous les emplois existants soient sauvegardés et en outre que les « contentieux entre les associés, qui sont à l'origine du dépôt de bilan, ne pourront plus mettre plus à mal l'activité opérationnelle de la maison d'édition ».

   

Depuis le 27 mai, la procédure de protection contre l'insolvabilité avait été réclamée à la Cour de Berlin. Selon un porte-parole de la société, Tanja Postpischil, la demande avait été accordée, mais toutes les demandes importantes seraient désormais soumises aux avocats. Et principalement celles relatives aux mesures de « restructuration durable » que la société souhaitait mettre en place. L'éditeur voulait toutefois clore le dossier dans quelques mois. 

 

Le cas Suhrkamp est d'école : le sort de l'éditeur est entre les mains de deux autres maisons, Ulla Unseld-Berkéwicz, qui détient 61 % des actions de la compagnie, au travers de la Unseld Familienstiftung, et un actionnaire minoritaire, Hans Barlach, qui, au travers de Medienholding Winterthur, dispose des 39 % restant. 

 

Or, depuis cinq ans, les deux acteurs se battent pour emporter le contrôle de la maison, et tous les coups ont été permis jusqu'à présent. La liste des accusations portées est longue, et l'on a déjà entendu parler de détournement de fonds, de mauvaise gestion ou de conduite des affaires inconsidérée. D'ailleurs, en mars dernier, Barlach avait proposé de reprendre l'intégralité de la maison Suhrkamp, mais Unseld-Berkéwicz a refusé son offre. 

 

Par ailleurs, ce programme de sauvetage pourrait signifier, pour Hans Barlach, la perte de nombreux privilèges. Avant verdict, la juge en charge du dossier a deux semaines devant elle pour étudier le plan en question.