La maison d'édition bretonne Emgleo Breiz en liquidation judiciaire

Camille Cornu - 30.11.2015

Edition - Les maisons - Emgleo Breiz - liquidation judiciaire - édition bretonne littérature


La fédération bretonne Emgleo Breiz a été mise en liquidation judiciaire début novembre par le tribunal de commerce de Brest. Elle publiait des ouvrages en langue bretonne et militait pour la préservation de la langue et de la littérature bretonne. Elle comptait alors trois salariés, deux assistantes d'édition à temps plein et une comptable à mi-temps, ainsi que plusieurs bénévoles. 


  

 

Depuis 1953, la fédération culturelle bretonne militait pour l'enseignement et la préservation de la langue bretonne. Devenue Emgleo Breiz en 1955, la fédération regroupait plusieurs associations, dont Le Liogan, qui publiait des œuvres littéraires d'inspiration bretonne en français, et Brud Nevez, qui publiait depuis 1957 une revue du même nom, la plus ancienne entièrement en langue bretonne. 

 

Une autre association du groupement, Ar Skol Vrezoneg, dispensait trois fois par semaine des cours de breton dans ses locaux de Brest. Ces deux dernières structures pourront poursuivre leurs activités.

 

Chaque année, la maison publiait une quinzaine d'ouvrages dont une grande partie en breton ou bilingue. Son catalogue comptait plus de 700 titres, dont des ouvrages d'apprentissage du breton, des études sur la langue bretonne, ainsi que l'œuvre en langue bretonne de Pierre-Jakez Hélias, un des plus importants artistes et militants de la culture bretonne.

 

Si la maison avait quelques bonnes ventes avec un de ses derniers ouvrages, le livre de René Pérez et Nono T'es Breton si..., cela n'a pas suffi à empêcher le tribunal de commerce de Brest de prononcer la liquidation judiciaire début novembre. De 300 tirages en moyenne, la maison était récemment passée à 200.

 

« Il y a eu des fermetures de librairies spécialisées et nous manquons de visibilité dans les autres librairies. Tous les éditeurs en langue bretonne souffrent. Si nous n'avions pas le soutien des collectivités, notamment la Région, nous ne pourrions pas publier grand-chose » rapporte son président depuis 2002, Fanch Broudic, au Télégramme.