La maison HarperCollins lance sa division germanique

Julien Helmlinger - 09.10.2014

Edition - Les maisons - HarperCollins - Lecture contre souscription - Allemagne


Depuis Francfort, le PDG de la maison d'édition américaine, Brian Murray, a annoncé ce mercredi le lancement de HarperCollins Allemagne, une expansion du programme Harlequin déjà existant à Hambourg. La société s'ancre ainsi davantage sur l'un des marchés les plus importants d'Europe, sans incidence sur le programme du label romance, avec 50 premiers titres à paraître à l'automne 2015. Par ailleurs, le porte-parole a également fait part de sa surprise quant au succès de ses partenariats avec les services de lecture contre souscription.

 

Brian Murray, HarperCollins CEO

Brian Murray - Crédits : ActuaLitté CC by SA 2.0 

 

 

L'Allemagne serait l'un des territoires européens qui réussissent le mieux au label Harlequin, installé outre-Rhin depuis plus de 12 ans. En effet celui-ci bénéficie d'une bonne présence en supermarchés comme dans les librairies traditionnelles. Et désormais, l'ensemble des filiales anglophones de la maison d'édition va coopérer avec les professionnels basés sur le sol germanique pour constituer une offre locale.

 

Un catalogue qui s'annonce avec le best-seller The Heist, signé par l'Américain Daniel Silva. Brian Murray annonce qu'après 200 ans de succès dans l'édition anglophone, les activités éditoriales vont désormais se développer en langues étrangères. « Harlequin a longtemps été un programme d'édition allemande prospère et nous sommes ravis d'être en mesure de tirer parti de ses ressources pour étendre la portée de nos auteurs à travers le monde et développer nos activités. »

 

HarperCollins publie environ 4000 titres anglophones par an. En août, la maison a finalisé son acquisition de Harlequin, un mouvement qui porte ce chiffre près de 10.000 bouquins annuels, et ajoute plus d'une douzaine de bureaux d'édition internationaux aux opérations de la société. L'expansion pourrait se poursuivre au Japon, en Suède, Hollande et Espagne dans les prochains mois.

 

Succès de l'incursion sur le marché de la lecture contre souscription

 

Cet été, HarperCollins a également cherché à rajeunir son business model et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Si jusqu'ici le lancement des Espresso Book Machines a déçu le PDG, il estime que le programme a peut-être été lancé « trop tôt ». En revanche, l'autre incursion, sur le nouveau terrain des abonnements à la lecture, avec Scribd et Oyster, aux États-Unis puis au Royaume-Uni, aurait surpris la maison par l'ampleur de son succès.

 

Pour Murray l'un des challenges majeurs de l'industrie, face au phénomène de la transition numérique, est désormais la découverte de ces nouveaux terrains et l'éditeur entend être « le premier à apprendre » en ce domaine. Le PDG annonce que les expérimentations se multiplieront en ce sens, et que les retours sur investissement indiqueront les directions à prendre.

 

Il explique : « Nous avons constaté que, chaque fois que vous ajoutez un nouveau partenaire numérique et une nouvelle offre numérique, vous créez de nouvelles opportunités de merchandising. Ainsi, alors qu'il ya moins de tables à l'avant des chaînes de librairies pour le marketing et la promotion, lorsque vous pénétrez un nouveau cybermarchand, un modèle numérique différent ou un partenaire de distribution, vous récoltez de nouvelles façons de commercialiser vos livres. L'abonnement s'est avéré être un modèle très réussi pour le merchandising et l'exploitation de la backlist et du catalogue. »

 

Toutefois, pour ce qui concerne la très discutée offre illimitée du géant Amazon, Kindle Unlimited, l'incursion d'HarperCollins n'y serait pas encore d'actualité. En effet, Murray soutient : « En général, nous représentons tous nos auteurs et leurs intérêts commerciaux et nous avons tendance à ne pas contracter d'ententes commerciales qui dévaluent la redevance et la valeur de leur travail. » Le PDG assure par ailleurs que sa collaboration avec les libraires partenaires reste la priorité de l'éditeur.