La Maison Jean Cocteau, génie protéiforme, réouverte au public

Christine Barros - 15.05.2019

Edition - Société - Maison Jean Cocteau - Valérie Pécresse - Centre Pompidou


Le projet d’un engagement de la Région autour de la maison Jean Cocteau est né d’un rendez-vous avec Pierre Bergé — lui-même très préoccupé par ces questions. Un an après la visite de Valérie Pécresse, présidente de la région IDF, à Milly-la-Forêt, on annonce la réouverture du lieu au public, avec en plus une exposition temporaire à découvrir.

Maison Jean Cocteau
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Les passionnés, les curieux, les amateurs, pourront découvrir les 286 œuvres issues de la dation des héritiers Darmit à l’État qui feront leur entrée dans la collection nationale, en se rendant désormais à Milly-la-Forêt. 

Le 30 juin dernier, Valérie Pécresse avait, lors de sa réouverture au public, annoncé avoir accepté la donation de la propriété, proposée par l’Association Maison Jean Cocteau qui en est propriétaire. Or, sans attendre le transfert de propriété et le dépôt in situ de la majorité des œuvres issues de la dation des héritiers Dermit à l’État, la Région avait voté une subvention exceptionnelle au bénéfice de l’Association Maison Jean Cocteau. 

Et ce, afin de permettre l’ouverture au public tous les week-ends jusqu’au 31 octobre 2018 ainsi que la conception d’une exposition temporaire.
 

Une maison des plus accueillantes


Au centre George Pompidou, ce matin, la présidente de Région ainsi que Serge Lasvignes, président du Centre, la réouverture de la Maison Jean Cocteau est désormais actée. « Enjeu culturel, touristique, éducatif et économique de notre patrimoine francilien », a indiqué Valérie Pécresse, la maison Jean Cocteau accueillera le public dès le 1er juin. 

Elle est prise en charge à 90 % par les collectivités locales — incluant la région IDF et le département de l’Essonne, sous la surveillance d’un conseil scientifique. En ces lieux, on pénètre « dans l’univers de l’artiste emblématique de la vie en Île-de-France et de la vie culturelle de son époque », ajoute-t-elle.

« Il y a derrière cette réouverture une nouvelle ambition, faire vivre ce lieu et l’ouvrir pleinement. Dans ce territoire enclavé, amener les scolaires et les touristes sera indispensable, avec la mise en place d’une offre touristique spécifique, avec le transport intégré, qui viendra renforcer la politique événementielle et culturelle de la Region. » 

Sur l’exposition temporaire, Serge Lasvignes ne tarit pas d’éloges : la donation de ces 271 œuvres, des dessins essentiellement, permet de démultiplier « la connaissance de l’œuvre graphique, et rejoint les 120 000 œuvres des collections de Pompidou ». Et pour le Centre, voilà qui s’inscrit dans sa politique propre : renforcer l’action territoriale, pour entretenir une action de prêt active — l’établissement est le premier “prêteur” de France.

« Le projet de la Maison de Cocteau est à ce titre idéal : nous souhaitons renforcer les partenariats ad hoc, dans des lieux précis avec des propos et objectifs bien identifiés », ajoute-t-il. En parallèle, toujours en partenariat avec la région et le département de l’Essonne, est envisagé un entrepôt qui accueillerait les 120 000 œuvres des collections.
 

Le fonds Coteau, protéiforme


En ce moment, on pourra donc voir à Milly-la-Forêt des dessins datant d’avant la Première Guerre mondiale, des croquis de jeunesse portant sur la période de 1902-1910, où l’influence des caricaturistes se manifeste clairement. Ensuite un ensemble assez considérable de dessins destinés à la luxueuse revue Le mot se retrouvent : empreints d’un humour noir assez dévastateur, ils ont une approche très cubisante.


Bien d’autres choses, comme ces dessins en lien avec les ballets russes, par lesquels Cocteau rencontrera Picasso, ou encore ceux sur l’opium, l’addiction qui frappera le poète après le décès de Raymond Radiguet. Et, bien entendu, ceux en lien avec ses œuvres littéraires, ou encore les dessins de La Belle et la Bête, des Enfants terribles, ainsi que des portraits de proches, parfois caricaturaux, tels Colette, Eluard ou Bérard.

Christian Briend, conservateur général au Musée d’Art Moderne, ajoutait : « Cocteau est une figure protéiforme à qui l’on doit tant de choses ! (entre autres le Festival de Cannes…), un touche-à-tout de génie. » S’il était très présent dans les collections photographiques, son œuvre d’artiste ou de cinéaste se résumait à peau de chagrin. 

La dation représente un vrai « fonds d’atelier », puisque Cocteau gardait les archives graphiques de son travail, tout comme il avait conservé ses manuscrits.


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