La Martinière : 'Il n'y a rien à regretter. Notre action a servi à toute l'édition.'

Clément Solym - 26.08.2011

Edition - Société - martiniere - google - accord


L'accord est plus historique encore que celui passé entre Hachette Livre et Google Livres : le groupe La Martinière vient de signer avec le moteur, pour la numérisation de ses livres épuisés. Et par ce biais, il signe la fin du long procès débuté en 2006 par l'éditeur.

Hervé de la Martinière, PDG du groupe, nous a apporté quelques précisions concernant cet accord. D'abord, pour répondre à notre interrogation, les fichiers numérisés pourraient être transmis à la BnF, comme cela a été envisagé par Hachette Livre. Cependant, « la commercialisation de ces textes reste à déterminer. C'est pour ça que je dis 'pourrait'. Il faut encore définir le cadre et le moyen de diffusion de ces oeuvres ». (voir notre actualitté)

Hervé de la Martinière, au premier plan

Mais il souligne par ailleurs un point crucial. Finalement, « en signant cet accord, nous allons surtout récupérer les oeuvres qui avaient été originellement numérisées par Google. Il s'agit de plusieurs milliers d'oeuvres, probablement, mais nous ne pourrons en donner le nombre exact que dans plusieurs semaines ».

Donc, une phase de récupération des ebooks réalisés. Et ceux qui ne sont pas épuisés « seront retirés de l'accord avec Google », nous précise Hervé de la Martinière.

Degré d'exigence

Concernant la qualité de numérisation pour les oeuvres à venir, Hervé de la Martinière nous explique que rien n'a été contractualisé. « Nous n'avons pas de critère particulier sur la reconnaissance de caractères, sinon celui de la qualité. Ce que nous attendrons, c'est évidemment que les fichiers puissent être lisibles sur une multitude de tablettes et de lecteurs. » Sur ce point, Google nous précisait ce matin que la qualité était un critère impératif, dans ses partenariats avec les éditeurs et les bibliothèques, mais avant tout pour que l'acheteur soit pleinement satisfait.

Tout cela pour ça ?

« Regretter ? Il n'y a rien à regretter de ce procès, que nous avons engagé en 2006. J'ai la grande prétention de croire que l'action que nous avons intentée a été utile pour l'ensemble de l'édition. Et aujourd'hui, nous sommes pleinement satisfaits, puisque nous avons obtenu ce que nous demandions à cette époque. C'est un atout considérable que de récupérer tous ces fichiers numériques. »

Il faut considérer que « le dialogue n'a jamais cessé avec Google. Notre désaccord juridique a toujours été accompagné d'une discussion. Alors je n'ai pas le sentiment d'être vainqueur, ni d'avoir pris une revanche. On en sort par le haut, parce que nous avons obtenu gain de cause, mais non, pas de sentment de revanche. »

Et c'est d'ailleurs sur ce point qu'Hervé de la Martinière veut s'appuyer pour communiquer auprès des autres éditeurs. « Étant donné que nous avons eu gain de cause sur ce que l'on souhaitait, il est difficile de ne pas s'entretenir avec nos confrères, et de leur montrer que nous avons obtenu ce pour quoi nous nous étions battus. »

Il ne reste qu'à attendre de voir les effets se propager...