La métamorphose numérique du livre, bien plus sauvage

Clément Solym - 26.03.2011

Edition - Société - societe - changer - numerique


Il ne faut comparer que ce qui est comparable, évidemment. Mais dans cette optique, quelqu’un s’est-il déjà demandé si, finalement, la mutation numérique du monde du livre ne se déroulait pas plus rapidement que celle de la musique ? Pas uniquement du point de vue des techniques, mais surtout des usages...

Après tout, la musique a connu une multitude de supports d’écoute depuis qu’on en enregistre. Et finalement, en l'espace d’une quarantaine d’années, vinyle, K-7, CD, Mini-Disc, puis dématérialisation complète... autant de supports qui ont modifié les habitudes et fait que les personnes étaient accoutumées à changer. Idem pour le cinéma, il sera un jour intéressant de faire l’inventaire des modifications qu’ont connu successivement ces supports.

Pour l’heure, c’est Marc Parrish, directeur exécutif chez Barnes & Noble, qui au cours de la conférence GigaOm Big Data qui se déroulait à New York, est allé dans le sens de cette réflexion. Selon lui, les transformations que connaît le monde du livre se suivent en mois, et dans les 24 prochains, difficile de ne pas considérer que les livres numériques constitueront une majeure partie des ventes.

Citant des études de Codex Forrester et Gartner Research, 30 % des lecteurs consomment désormais du livre numérique et papier et pour 2011, la compagnie prévoit que 18 millions de lecteurs ebook seront commercialisés - contre 900.000 en 2009. En couplant cela aux données de l’AAP, qui affirmait qu’entre janvier 2010 et 2011, les ventes d’ebooks avaient explosé de 116 %, on voit l’avenir se profiler clairement.

Et pour Parrish, la conclusion est simple : nous arrivons à un stade où les lecteurs préfèrent progressivement l’ebook au papier. Et comme nous avons basculé dans un monde numérique, les acteurs changent, et les grands noms d’internet deviennent les passeurs obligatoires pour une croissance forte et une commercialisation des produits.

D’un côté, Apple qui annonce 100 millions de téléchargements de livres sur iBooks depuis son lancement en avril, de l’autre Borders qui fait faillite, peinant à prendre le virage numérique et à vendre encore ses livres papier. Avec d’autres raisons en sus, évidemment. Rendez-vous en 2013, comme le propose Parrish. (Via CNN Money)