La méthode Kobo, c'est la conquête des marchés non anglophones

Clément Solym - 30.09.2011

Edition - Société - kobo - allemagne - interview


BuchReport vient de publier une interview très riche du vice-président de Kobo, Michael Tamblyn, sur son offre et ses potentialités en Allemagne et en Autriche. Le marché évolue très vite et suivre le rythme coûte très cher.

Mais grâce au partenariat de Kobo avec Facebook (notre actualitté) et l'expertise technique et marketing de ses équipes, il semble à M. Tamblyn que la firme réussira à séduire les Allemands, et bientôt toute l'Europe non anglophone, car là est le but. 

 


Kobo va lancer en octobre son lecteur tactile en Allemagne. Le catalogue du Kobo Reader, sorti en juillet, était à son lancement déjà bien rempli avec plus de 80 000 titres (notre actualitté). Le Kobo Vox, en couleur et avec un lecteur audio intégré, devrait arriver après le Touch.

Les lecteurs de Kobo savent lire les EPUB et les PDF, et la qualité du Kobo Touch a été qualifiée de très honnête mais pas aussi bonne que celle du Nook à sa sortie par ConsumerReports.

 

Une petite boîte

Par rapport aux poids lourds du secteur comme Google, Amazon et Apple, Kobo est une entreprise familiale. Mais pour M. Tamblyn, la boîte a transformé sa petite taille en avantage : elle est agile.
 


« Apple est d'abord un vendeur de matériel, Google un moteur de recherche, et pour Amazon les livres ne sont qu'un produit parmi d'autres. Dans notre entreprise, l'unique et seule préoccupation de tous est de mieux produire et commercialiser des livres numériques. C'est pour cela que nous sommes restés concurrentiels, et nous conquérons très vite de nouveaux marchés. »

 

S'ajoute à cela que l'entreprise se dépêche de grandir dans les marchés non-anglophones où la concurrence n'est pas encore trop féroce : « À l'inverse de Barnes & Noble, Google et dans une moindre mesure Apple, nous sommes très agressifs en dehors de la zone anglophone. Les germanophones ne sont que le premier des marchés que nous voulons conquérir. »

 

Dans un environnement très hostile


Cependant la concurrence est rude, et pour M. Tamblyn, bien peu d'entreprises survivront longtemps aux bouleversements, principalement parce que : « Ça devient de plus en plus cher que de tenir tête aux autres vendeurs de lecteurs. Il y a peu de pays où cela peu devenir tout de suite rentable. En Belgique ou aux Pays-Bas, la question se pose même de savoir si c'est suffisamment probable de réussir. »

 

Pendant ce temps : « Le tournant du numérique se passe plus rapidement qu'escompté. Ça peut très bien se passer. Mais cela signifiera que tout le marché du livre aura changé. Les éditeurs doivent revoir leurs licences pour le numérique ainsi que leur distribution et impression. Les auteurs doivent négocier de nouvelles conditions avec leurs éditeurs. Les libraires doivent trouver de nouveaux moyens de garder leur clientèle. »
 

 


À propos des libraires, pour M. Tamblyn, leur principal rôle est de vendre des lecteurs. C'est un des meilleurs canaux qu'il connaisse. Si les libraires veulent survivre, ils doivent pour lui devenir des lieux de rencontres et de discussions autour du livre, principalement en invitant des auteurs.

 

Qui mise sur le social

 

Kobo vient de conclure un partenariat avec Facebook qui se révèle fructueux (voir la photo ci-dessus) : « Notre offre de lecture socialisée «Reading Life» a montré que les lecteurs qui lisaient dans un environnement socialisé y passaient plus de temps et accordent plus d'intérêt à notre offre. C'est comme dans la vraie vie, où on lit le plus souvent des livres qu'on nous recommande. »

 

Ce qui séduira en Allemagne c'est que « la lecture numérique permet de nouvelles expériences qui n'étaient pas pas possible avec des livres papiers ».
 

(Via BuchReport)