La naissance de Dracula révélée dans un brouillon

- 25.04.2013

Edition - International - vampire - Bram Stoker - manuscrit


Il aurait pu être allemand et s'appeler le comte Wampyr si son auteur n'avait pas été fureter du côté de la Roumanie. Dans un brouillon révélé par Slate cette semaine, Bram Stoker laisse entrevoir le processus de création de son œuvre maîtresse. Le document, une fiche, liste les premières idées de personnages dans un procédé bien connu des apprentis écrivains.

 


 

Et comme pléthore de personnages s'y retrouvent, on se rend compte que le romancier à fini par concentrer plusieurs archétypes sur une demi-douzaine de personnages. Ainsi, on découvre dans cette « Historiae Personae » plusieurs changements notables. Et le plus manifeste est le nom du Conte, tout juste changé de Wampyr, terme à l'origine du mythe en allemand en Dracula, rappel évident à Vlad Tepes, le fils du dragon.

 

Comme un instantané de ce changement la rature du terme allemand et la répétition par quatre fois du nom d'origine roumaine, comme pour mieux se familiariser avec la graphie. Autre modification notable, la réunion de plusieurs rôles de détective, professeur, chercheur en occultisme autour de la figure du Professor Max Windschoeffel. Qui par la suite deviendra néerlandais sous les traits du bien connu Abraham Van Helsing.

 

On constate donc une atténuation des inspirations allemandes sur le roman ; bien que la phrase emblématique du livre est imprimée dans la langue de Goethe : Denn die Toten reiten schnell, car Les morts chevauchent vite.

 

Restent a priori identiques certains des personnages centraux de l'intrigue comme le futur couple Harker, Lucy, l'amie de Mina vampirisée ou encore le bon docteur Seward. Témoin d'une étude extrêmement novatrice sur les comportements psychopathologiques (Renfield le maniaque et Dracula en pervers narcissique). Le servant diabolique amateur de chatons morts n'y est pas encore nommé. Seul personnage qui restera inconnu, celui du peintre Aytown. Nos confrères, y voient avec finesse un élément de l'horreur gothique du récit.

 

Celui d'un peintre qui réaliserait le portrait d'un être sans reflet.