La Nave di Teseo embarque l'éditeur italien de Snoopy, Baldini & Castoldi

Nicolas Gary - 18.06.2017

Edition - International - Nave Teseo Sgarbi - Baldini Castoldi Italie - maison édition rachat


Figure de proue dans l’insurrection qui s’est constituée, lorsque Mondadori a mis la main sur RCS Libri, La Nave di Teseo poursuit sa route. Fondée par Elisabetta Sgarbi, ancienne directrice de Bompiani, la maison vient d’acquérir l’éditeur Baldini e Castoldi. Une opération qui fait suite à la décision du fils du fondateur, Michele Dalai, de vendre l’entreprise.



 

 

Avec 95 % des parts, la transaction qui a débuté voilà des mois se concrétise enfin. La société est plus que centenaire : montée en 1897 à Milan, elle réunissait à l’époque plusieurs des grands auteurs italiens Antonio Fogazzaro, Gerolamo Rovetta, Neera, Salvator Gotta et Guido da Verona. Le tout à l’initiative d’Ettore Baldini, d’Antenore Castoldi, d’Alceste Borella et du poète Gian Pietro Lucini.

En 1940, la direction fut renouvelée avec l’arrivée d’Enrico Casoldi, qui ouvrit le catalogue à des auteurs étrangers — notamment en provenance de Hongrie. Mais après une baisse des ventes dans les années 70, la maison fait faillite, sans pour autant fermer. Entre 1981 et 1991, elle ne publie plus rien jusqu’à ce qu’Alessandro Dalai décide de relancer la machine. 

 

Mais depuis 2003, les finances n’ont jamais été solides et en 2013, le tribunal de Milan était de nouveau sollicité pour éviter une mise en liquidation. Elle obtient une échéance en 2013, mais en février 2014, ne parvient pas à remplir les conditions dictées par le tribunal milanais. La maison restera surtout populaire en Italie pour avoir fait paraître les aventures de Snoopy, aka Peanuts, et son fidèle ami, Charlie Brown, de Charles M. Schulz.

 

Garder les auteurs et les livres au coeur de la maison
 

Ce rachat du catalogue par La Nave di Teseo marquera un nouveau départ — qui débute par l’effacement des dettes : une bonne partie des 2 millions € versés pour le rachat a servi a assainir la situation. D’un autre côté, la bonne situation manifeste de la maison et son actuelle expansion sont à saluer. Lancée le 23 novembre 2015, avec le soutien d’Umberto Eco, elle avait fait paraître son dernier ouvrage, Pape Satan Aleppe, publié à titre posthume, peu de temps après la mort de l’écrivain. 

 

Ce renouveau coïncide également avec la réédition d’un livre de Matteo Molinari, best-seller dans les années 90, Anche le formiche nel loro piccolo si incazzano, jamais traduit en français. 

 

« L’énergie déployée par La Nave di Teseo est et se veut contagieuse », assure Elisabetta Sgarbi. Selon elle, les actionnaires ont su se montrer « éclairés et vifs » en relevant le défi que cet investissement implique. Chose intéressante, l’auteur Alberto Rollo reste à la direction éditoriale, tout en figurant dans la dernière liste des sélections du premio Strega, le Goncourt italien. 
 

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« Je voudrais que les écrivains se sentent toujours à l’aise, chez eux. Avec l’esprit qui a toujours conduit La Nave di Teseo, les livres et les auteurs seront au cœur. […] Cette acquisition est très importante pour élargir le catalogue de ce qui est devenu un groupe d’éditeurs. Dans le courant de l’année, nous devrions parvenir à couvrir 1 % du marché », poursuit Elisabetta Sgarbi…

Les 5 % restants apartiennent toujours Filippo Vannuccini, ex directeur financier de Baldini, qui ne quitte pas la maison.