La New York Public Library fait peau neuve

Clément Solym - 17.02.2012

Edition - Bibliothèques - New York Public Library - Norman Foster - Projet


La New York Public Library a ravivé un projet ambitieux pour rénover son porte-étendard de la 5ème avenue et refonder ses différentes branches pour un cout total de plus d'un milliard de dollars. La genèse du projet est vieille de plus de dix ans mais il avait été retardé par divers éléments. Aujourd'hui, la NYPL se dit prête « à l'exécution de nos plans » selon les mots mêmes du tout nouveau directeur Anthony W. Marx.

 

Et ces plans comme il dit consistent surtout à jongler entre les différentes contraintes financières imposées par le maire de la ville Michael Bloomberg. Depuis son arrivée en 2002 et surtout la crise de 2007, les subventions allouées aux bibliothèques publiques ont chuté. Cette année encore, c'est près de 100 millions de dollars qui seront économisés de cette manière.

 

Autant de complications qui ont forcées la NYPL à se séparer de deux de ses principales excroissances, celles de Mid-Manhattan et la Science, Industry and Business Library, afin de trouver les fonds nécessaires à ce projet pharaonique. Les autres pourvoyeurs sont des donateurs particuliers, qui versent aux Etats-Unis des sommes loin d'être négligeables, et la Mairie qui, malgré tout le sucre qu'on lui casse sur le dos, fournit 150 millions de dollars.

 

Un phare, une rose et Normal Foster qui chapeaute.

 

Le projet poursuit deux objectifs qui devraient être réalisés d'ici 2014. Tout d'abord la rénovation et la création d'une nouvelle bibliothèque de prêt dans le bâtiment principal de la 5ème avenue. Et le développement de la branche éducation.

 

Pour ce qui est de la bibliothèque de prêt, c'est une révolution pour la NYPL et son bâtiment phare. Jusque-là, il n'était qu'une bibliothèque de consultation, mondialement célèbre pour sa grande salle, la Rose Reading Room. Cette partie sera la plus couteuse du projet, parce qu'en plus de la rénovation, c'est bien une toute nouvelle bibliothèque que la NYPL souhaite créer sous la direction de l'architecte britannique Norman Foster, connu pour son travail sur le viaduc de Millau ou encore le Millenium Bridge à Londres.

 

 

La fameuse pièce centrale, la Rose Reading Room

 

L'autre partie du projet inclut une extension de la politique éducative de la NYPL à travers l'accession de son catalogue dans les écoles publiques. Déjà 50 établissement y ont déjà accès via un programme pilote en coordination avec le Département de l'Education de New York.

 

On ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs.

 

Pour autant, pas facile de réunir une telle somme en des temps où l'argent se raréfie. Et ces grands travaux ont été permis en contrepartie de l'abandon d'un projet qui proposait de créer des nouvelles bibliothèques publiques. L'idée de fonder deux nouvelles branches dans l'Upper Manhattan et sur Staten Island avait ainsi été repoussée en 2008.

 

Avec la réunion dans la structure mère des deux pôles supprimés, la bibliothèque de la 5ème avenue va devenir la plus grande des Etats-Unis. Pour pallier au manque de place engendré, trois millions de livres sont en train d'être déplacés vers une aire de stockage dans le New Jersey.

 

Ce que craignent maintenant les usagers, c'est de voir diminuer le nombre d'ouvrages disponibles. Le passage d'une bibliothèque de consultation à une bibliothèque de prêt provoque nécessairement un resserrement de l'offre à disposition. « Nous devrons bientôt prendre des décisions difficiles pour savoir ce qu'il doit être gardé sur la cinquième avenue, explique Anthony Marx. Nous voulons nous assurer que notre collection unique et inestimable soit accessible. » Le directeur de la NYPL ajoute que sur demandes, les livres stockés dans le New Jersey pourront être disponibles dans les 24 heures via scanner ou livraison.

 

L'éthique éthylique de M. Marx.

 

Le plan s'est également heurté à l'élection du nouveau directeur. Anthony Marx n'est à la tête de la New York Public Library que depuis juillet. Il remplaçait alors Paul LeClerc. Si les deux hommes souhaitent ardemment mettre en place le même projet, organiser la succession a provoqué quelques ralentissements.

 

Des ralentissements ou des relents ? La question se pose. En effet, quatre mois après sa prise de fonction, Anthony Marx était arrêté pour conduite en état d'ébriété. 500 $ et un retrait de permis plus tard, il a tout de même su convaincre les partenaires d'investir dans ce projet très centralisateur. En même temps, étant donné son patronyme, quoi de plus normal.