La notion du consentement, au cœur du procès Michel Brûlé

Camille Cado - 29.02.2020

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Le procès de l'éditeur Michel Brûlé, fondateur des Intouchables – l'ironie n'échappe à personne –, s’est ouvert le 24 février dernier, après une plainte déposée pour agression sexuelle par une des victimes présumées. Pour la défense, le comportement de la plaignante aurait suggéré son consentement en instaurant une « tension sexuelle palpable » au domicile de l’éditeur.

Miami accident lawyers - Pixabay license
 

Pour rappel, le procès s’était ouvert sur le récit de la plaignante, relatant les faits qui se seraient déroulés en mars 2014. « Je lui ai dit que j’étais là pour affaires, et après cela, il a commencé à m’embrasser dans le cou, à me toucher les fesses, les seins et le pubis. J’étais figée » avait-elle déclaré

Ce mercredi 26 février, Michel Brûlé a été contre-interrogé par la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Valérie Lahaie. L’éditeur de 55 ans raconte que la plaignante aurait instauré une « tension sexuelle palpable », d’abord à travers des compliments.

« Elle disait : c’est donc bien beau ici, c’est formidable, c’est extraordinaire... » explique-t-il « Elle était câline, elle faisait des compliments. Il y avait une tension sexuelle : j’étais perplexe. »
 
Les limites de la notion de consentement 

L’éditeur aurait ensuite convié son invité à monter à l’étage, afin de déterminer ses intentions, en « avoir le cœur net » selon ses mots. Une fois en haut, l’éditeur aurait commencé à masser la plaignante « pendant même pas une minute » précise-t-il. S’il confie que ce geste n’avait effectivement pas été sollicité par sa convive, elle se serait mise « à gémir » avec « beaucoup d’intérêt et de désir ».

Après quoi, l’accusée présumée l’aurait invité à le rejoindre dans la douche. La femme se serait alors rapprochée et lui aurait dit qu’il était « fait fort » et « viril ». Selon ses déclarations, c’est à ce moment-là qu’il aurait embrassé son hôte, en lui touchant un sein et une fesse.

« Elle gémit, c’est vraiment intense », a-t-il ajouté. Mais au moment de diriger sa main vers « son bas ventre », la femme se serait enfuie parce qu’elle se serait sentie « coupable ».

« À ce moment-là, est-ce que madame a prononcé des paroles laissant croire qu’elle désirait voir la relation d’affaires devenir plus intime ? », interroge Me Lahaie. « Non », reprend l'accusé. Mais l’avocat de la défense, Me Laurent Morin souligne que « le consentement ne se devait pas obligatoirement d’être verbal ». Son client pensait simplement que son invitée était consentante. 

Au tribunal, Michel Brûlé serait également revenu sur les supposées motivations de la plaignante à porter plainte, en minimisant les faits reprochés dans cette affaire : « Il y a un flirt, elle pense à son mari, elle se sent coupable et elle porte plainte : c’est un classique. »

La défense a également envisagé les potentiels intérêts pour la victime supposée d’une telle affaire, qui, « en ayant publié un seul livre en 12 ans [...] devait être désespérée d’être publiée ».
 

Des incohérences ? 


En regard des déclarations de Michel Brûlé, l’avocat de la poursuite a souligné que plusieurs passages avaient été passés sous silence lors de la première déclaration de l’éditeur faite auprès des enquêteurs. Par exemple, l’épisode du massage, des gémissements ou encore de la tension sexuelle qu’il aurait ressentie. 

Il a affirmé qu’à l’époque, cela ne lui semblait pas important. Ajoutant : « Ça m’est revenu plus tard. Dans les semaines ou les mois suivants et je ne voyais pas l’intérêt d’envoyer un courriel. »
 

Le témoignage de l’ancien conjoint de la plaignante n’a pas été publié, cependant l’accusation a tenu à en rappeler au juge les éléments. Il faisait état de la « panique extrême » de la victime présumée en sortant du domicile de Michel Brûlé.

La décision du juge devrait être rendue au mois de septembre. 

via TVA, Droit Inc



Commentaires
Quelle remarquable démonstration de la puanteur de l'âme humaine, de son vice et de sa lâcheté sans fond. Les agresseurs sexuels ont une belle autoroute d'immunité devant eux. Ecouerant !
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