La numérisation du livre, irreversible, mais moins brutale qu'ailleurs

Clément Solym - 30.03.2010

Edition - Société - numérisation - livres - irreversible


Le Centre National du Livre a fait examiner les mutations du livre numérique par l'institut de sondage Ipsos MediaCT, afin d'évaluer la réception par les Français de cette nouvelle ère qui approche. Les conclusions ressemblent à un scénario catastrophe de film hollywoodien... « Le livre sera-t-il numérique », interroge-t-on ?

La réponse pertinente aurait pu être : Ou pas. Mais figurez-vous que « la transformation des habitudes de lecture sera profonde et irréversible, mais le choc moins brutal que pour d’autres industries culturelles » dévoile l'enquête.

Profonde et irréversible... misère.

Positivons, cependant : un Français sur deux « a entendu parler du livre numérique ». Mais pour lui, il s'agit d'un contenu, du fichier, donc. Cependant, l'étude montre également que nos concitoyens « estiment que le livre numérique est fondamentalement différent du livre imprimé ». En quoi et pourquoi, l'étude n'a pas cru bon de le préciser.


Cependant, on peut dégager trois axes qui donneront l'envie d'opérer une bascule vers cet environnement
  • l’accès : l’offre éditoriale est aujourd’hui limitée et méconnue, mais l’accès est instantané et potentiellement infini (en particulier, l’accès aux ouvrages épuisés ou indisponibles)
  • l’objet : le terminal de lecture est pratique (transport, stockage, interactivité), il doit désormais devenir confortable (qualité de l’écran et du contact physique)
  • la valeur et le droit : les Français attendent un prix inférieur de 40 % à celui du livre papier, sans perdre pour autant le droit d’en conserver et d’en partager le contenu.
Des éléments qui tombent presque sous le sens. Cependant, l'information intéressante de toute cette histoire, c'est que 5 % des sondés sont des lecteurs de livres numériques, contre 0,25 % qui possède un lecteur ebook. Sauf que 30 % de la population du pays se dit prête à lire des romans en version numérique.

Pour ne pas fiche la trouille à tout le monde, l'étude conclut cependant que le mouvement de numérisation du livre sera moins rapide qu'ailleurs. Pour une raison de contact, tout d'abord : dans le cadre de la musique ou d'un film, il n'existe pas de relation physique avec ce que l'on voit ou écoute. Contrairement au livre qui se tient contre soi, tout contre soi...


Une période longue s'écoulera avant que le public ne se détache complètement du support physique.

D'autre part, le grand lecteur serait moins technophile que les gros consommateurs de musique et de cinéma, qui recouvre celui d'internet. Et les technophiles qui basculeront à partir des Readers vers la consommation de livres ? Manifestement, ils n'apparaissent pas dans l'étude...

Retrouvez l'intégralité de l'étude (PDF)