La petit édition canadienne a frôlé la catastrophe de près

Clément Solym - 15.06.2012

Edition - International - éditeurs indépendants - Canada - financement


Sale temps pour les indépendants, et en particulier pour les petits éditeurs canadiens : Literary Press Group, vient de perdre le financement que lui accordait le gouvernement fédéral. Cette société qui assurait la commercialisation et le marketing, sous la forme d'une coopérative représentant les éditeurs indé se retrouve à la rue, faute d'argent.

 

L'agence fédérale canadienne, qui représentait l'unique source de revenus de LGP, fait donc défaut, privant l'organisation d'un tiers de son budget de fonctionnement. Une fin mortelle pour l'ensemble des éditeurs qui comptent dans sa liste, explique le directeur général, Jack Illingworth. Avec 235.000 € CA reçus durant l'année 2010/2011, venant du Department of Canadian Heritage, ainsi que 17.000 $ CA supplémentaires, LGP s'est donc vu refuser le renouvellement de sa subvention pour cette année. (via QuillandQuire)

 

« Nous estimons que cette décision est très grave et qu'elle peut causer des dommages irréparables dans l'édition de livres au Canada. C'est une mauvaise politique publique, dans le financement de la production de livres, qui s'en prend aux liens directs avec les lecteurs, de la plus destructrice des manières qui soit », ajoute-t-il.

 

 

Free books, not free carts

 

 

Avec 225 titres prévus pour cet automne, pour près de 45 maisons d'édition, LGP continuera de vendre les ouvrages jusqu'au démantèlement final de la société. Il ne restera plus aux éditeurs qu'à trouver un autre moyen de se faire commercialiser. Après le 30 novembre, ces derniers seront libres de continuer avec LGP, ou de chercher leur propre solution alternative. 

 

Une lettre type avait été proposée par LGP, pour demander aux éditeurs d'intervenir et demander à gouvernement de changer son fusil d'épaule, en saisissant les représentants. À l'époque, la société ne savait pas encore à quelle sauce elle serait dévorée - ou plutôt, comment elle allait se casser les dents. « Le premier soutien que vous pouvez apporter, est d'acheter un livre LGP dans votre librairie indépendante locale, si vous le pouvez. Soutenez nos membres et leurs auteurs. Mais vous le faites régulièrement, sinon vous ne liriez pas cela », écrivait Jack, quelque peu désemparé.

 

Mais l'avenir, qui s'assombrissait implacablement, semble s'alléger quelque peu. En effet, James Moore, membre du parti conservateur, et ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles, a décidé de revenir sur la décision de couper les budgets. Jack Illingworth explique dans un communiqué que le soutien reçu de la part du public aura été primordial et appréciable.

 

« Le Literary Press Group du Canada a reçu un avis oral de James Moore, ministre du patrimoine canadien, de revenir sur la décision de mettre fin au financement de notre force de vente, qui profite à 47 éditeurs canadiens, au travers de sept provinces. À cette heure, nous attendons la confirmation plus officielle, mais ce sont des nouvelles qui nous font aller de l'avant, et permettront de porter les 200 livres d'auteurs canadiens qui nous ont été confiés aux lecteurs du pays, cet automne. »

 

Le soutien de la romancière Margaret Atwood n'est probablement pas non plus à négliger. Depuis Twitter, entre autres, celle-ci avait mobiliser ses followers, pour qu'ils s'associent à LGP. 

 

« Nous sommes reconnaissants du soutien que le ministère canadien du patrimoine a fourni à cette entreprise depuis 1992 », et qui se maintiendra donc pour cette nouvelle année. Aucune raison n'avait été donnée pour justifier que le budget alloué à LGP soit coupé. (via QuillandQuire)

 

Tout est bien qui finit bien.