Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

La place du livre dans les pays arabes : entre culture et rejet

Louis Mallié - 22.04.2014

Edition - International - Lecture - Pays Arabes - World Book Day


À la veille du World Book Day, le journal Gulf News est allé à la rencontre des lecteurs afin d'en savoir plus sur leur approche du livre, numérique ou papier. Si un contraste dans les attitudes de lecture semble encore refléter de profondes fractures sociales, certaines données montrent que le livre est loin « d'être mort » dans les pays arabes.

 

Massive Kinokuniya bookstore in Dubai

Kinokuniya Bookstore à Dubaï

Thomas Galvez, CC BY 2.0 

 

 

Pour Salma Yassen, un étudiant palestinien de 18 ans, le livre n'est pas un médium populaire. « Ma génération ne lit pas. Mes amis me surnomment le binoclard parce que je lis des livres pour le plaisir. Je crois que c'est arabe, nous n'avons pas la culture de la lecture ». En effet selon un rapport de l'Arab Thought Foundation's publié en 2012 un enfant arabe lit en moyenne 6 minutes par an, contre 12 000 dans les pays occidentaux. Par ailleurs, un adulte lirait un quart de page par an - contre 11 livres dans les pays occidentaux.

 

Si les opinions sont diverses vis-à-vis du livre numérique, une bonne part des lecteurs semble néanmoins réfractaire. Ainsi pour Tamara Junaid, une étudiante de 20 ans à l'Université américaine de Sharjah, l'ebook « occulte une partie de l'expérience de lecture qu'offre un livre papier. Pour moi, tourner les pages d'un livre, et le placer dans une bibliothèque fait partie du plaisir de la lecture ». 

 

De même, Mona Al Hassan, un auteur de livres de recettes de cuisine originaire du Royaume du Bahreïn estime que « les gens font plus confiance aux livres papier qu'aux livres numériques ». De son côté, il assure par ailleurs que les ventes de livre fonctionnent bien : « Chaque fois que je vais à des rencontres mes livres sont vendus jusqu'au dernier exemplaire. »

 

Une opinion qui rejoint celle de Tony Mulliken, directeur de Midas, ayant travaillé pour le Sharjah Children's Festival l'an dernier, et pour qui le livre est loin d'être mort dans le pays du Golfe. 

 

Pour preuve, il rappelle les bénéfices engrangés par le festival, qui s'élèvaient à près 50 millions $... À l'occasion, il avait d'ailleurs tenu à expliquer aux visiteurs : « Je pense qu'il y a un bon équilibre entre les deux [ livre papier et numérique ]. Par exemple, pour les voyages, l'ebook est plus pratique. Beaucoup de gens lisent un ebook, pour ensuite aller l'acheter en version papier pour sa bibliothèque personnelle. »