Fifty Shades of Grey : l'éditrice numérique remporte son procès

Clément Solym - 23.02.2015

Edition - Justice - Fifty Shades - procès droits - EL James fanfiction


Jennifer Lynn Pedroza, de son petit nom, Jenny Pedroza, tentait de ramasser un peu d'argent, en s'attaquant à la fresque épique, Fifty Shades of Grey. Le butin était alléchant, et ses arguments pouvaient être entendus : elle revendiquait des droits sur la série, en tant qu'éditrice numérique, en 2011. Mais surtout, elle avait été flouée par une associée plus vénale que prévu...

 

 

Fifty Shades of Grey

Mike Mozart, CC BY 2.0 

 

 

L'ouvrage n'était alors proposé qu'en format numérique, et en impression à la demande. C'était avant que Random House ne signe la Britannique EL James, et vende plus de 100 millions d'exemplaires à travers le monde. Et que les ébats de Christian et Anastasia ne se changent en film. 

 

Dans le cadre d'une procédure engagée voilà quelques mois déjà, Jenny faisait valoir qu'elle avait créé Writers Coffee Shop, l'éditeur numérique de Fifty Shades. Dans son entreprise, elle avait été soutenue par Christa Beebe. Le site proposait la diffusion de fanfictions depuis l'Australie, mais avait été fondé par les deux dames, originaires du Texas. 

 

Or, les droits furent signés par une certaine Amanda Hayward, qui avait rejoint l'aventure en cours de route et céda la saga pour un million de dollars à l'époque. Cette dernière avait en effet vendu les livres, sans en parler aux deux autres. Une fraude manifeste, considéraient les deux femmes. 

 

Selon l'agence Reuters, le jury de Fort Worth, situé à Dallas (Texas), vient alors de rendre justice, considérant qu'Hayward avait effectivement floué Pedroza et Beebe. La cour a reconnu que Hayward avait bien signé un contrat avec Random House pour la trilogie, sans avoir honoré les impératifs qui la liaient à WCS. 

 

« Après avoir tenté de convertir WCS, sans même parler de ce qu'elle était en train de faire, Hayward a dit à ses partenaires que leur accord devait être restructuré totalement, en une entité exclusivement détenue par elle, pour des raisons fiscales. Elle a, par la suite, conduit Pedroza et Beebe à signer des accords de service avec WCS, et par la suite, mis fin à leur collaboration », rapportait la plainte.

 

Au terme de 9 journées de procès, les jurés ont estimé que Hayward avait frauduleusement remanié le partenariat qui la liait à la maison d'édition numérique, en prétextant des raisons fiscales. Or, ces dernières ne faisaient que lui octroyer une solution pour conserver la quasi-totalité de la vente à Random House, pour son unique profit. 

 

L'avocat de Pedroza se félicite bien entendu de la sentence, alors que les représentants de Hayward se sont refusés à tout commentaire. Pour l'heure, aucun montant d'indemnités n'a été accordé : les dommages-intérêts devraient être fixés suite à un audit prochain. 

 

Selon les estimations, les montants pourraient aller de 10 à 20 millions $. Rappelons que durant la commercialisation du livre, en strict format numérique, Fifty Shades avait réalisé près de 250.000 exemplaires de ventes en ebook et plus de 20.000 en impression à la demande.