La plus grande enchère pour un manuscrit de Charles Dickens

Cécile Mazin - 20.08.2014

Edition - Economie - Charles Dickens - enchères vente - manuscrit


« Charles Dickens, à George Eliot, avec toute ma considération et mon respect. Décembre 1859. » La dédicace est sobre, pour ce volume de Tale of Two Cities, mais adressée à une consoeur, et signée de la main du maître. De quoi faire frémir les enchères, qui montent déjà à 275.000 £ pour ce manuscrit. 

 

 

 

Le marchand de livres rares Peter Harrington propose actuellement, dans son établissement situé à Londres, de s'offrir cet exemplaire. Et s'il atteint le montant demandé, ce serait alors le plus cher des manuscrits de Dickens jamais vendus. 

 

Il s'agirait, pousse le libraire pour piquer la curiosité, « de l'offre de la meilleure copie de Dickens à être arrivée sur le marché, en l'espace d'une génération ». Alléchant. 

 

Pour ajouter à la légende, cette pièce fait partie d'une collection présentée par le libraire, de différentes lettres et échanges qui eurent lieu entre les deux auteurs. Leur première rencontre se fit en 1852, avant que Mary Ann Evans ne prenne son pseudonyme. Elle avait alors trouvé Dickens assez peu chaleureux, et manquant « de bienveillance dans son visage, et je pense, n'en ayant que peu dans le coeur ».

 

Les grandes histoires commencent toujours ainsi, et les deux ne se quittèrent plus vraiment. Quand les premiers livres de George Eliot furent publiés, une époque où les femmes n'écrivaient pas officiellement, on pensait qu'il s'agissait du pasteur d'une petite paroisse. Mais Dickens compta parmi les premiers à douter de cette information.  

 

Ses soupçons vinrent, comme il l'écrit dans une lettre, des touches féminines trouvées dans les fictions que signait Eliot. « Si elles ne proviennent pas d'une femme, je crois qu'aucun homme n'eut jamais autant l'art de, mentalement, se faire femme, depuis le commencement du monde. »

 

Tales of Two Cities est considéré comme le plus important manuscrit de Dickens. La version proposée est une première édition, et selon le vendeur, Dickens savait pertinemment à qui il adressait sa dédicace, au moment de la signature. (via Yareah)